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Gulbis fait trem­bler le roi

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Rafael Nadal a eu chaud, voire même très chaud. Pour la première fois de la saison sur terre, l’Espagnol a réel­le­ment été bous­culé, forcé par Ernests Gulbis à disputer un troi­sième set des plus indécis. Le numéro 3 mondial l’emporte fina­le­ment en trois manches (6÷4 36 64) et 2h47 minutes. Il affron­tera demain David Ferrer pour tenter de remporter le 17ème Master 1000 de sa carrière.

Breaké d’en­trée de match, Ernests Gulbis court après le score toute la première manche durant. Lorsque l’Espagnol sert pour le set, à 5–4, le Letton se procure plusieurs balles de break, en vain. Rafa mène une manche à rien. 

Si Stanislas Wawrinka s’était complè­te­ment écroulé après la perte du premier set en quarts de finale, le Letton s’ac­croche, frappe plus fort et met de plus en plus de pres­sion sur son adver­saire. Au point de breaker l’Espagnol pour la toute première fois cette semaine. Dominant à l’échange, entre­pre­nant, créatif, Gulbis gène consi­dé­ra­ble­ment Rafa qui raccourcit de plus en plus ses frappes et commet bon nombres de fautes inha­bi­tuelles, souvent pris par la vitesse de son adver­saire. Et le tombeur de Federer tient, main­tient cette pres­sion, parve­nant à contenir les assauts de l’Ibérique grâce notam­ment à son excel­lente qualité de première balle. Gulbis conserve son break jusqu’au bout et remporte sans sour­ciller la deuxième manche 63. C’est le premier set perdu par Rafael Nadal de la saison sur terre.

Dans l’ul­time manche, la tension monte, la fatigue commence à se faire sentir mais les deux joueurs ne lâchent rien. A 3–2, Rafa réussit un excellent jeu de retour et se procure 3 balles de break. Mené 0–40, Gulbis sort 3 excel­lentes premières et revient à égalité. Cette grosse frayeur côté letton est malgré tout révé­la­trice des diffi­cultés crois­santes que rencontre le protégé d’Herman Gumy. Moins percu­tant sur ses attaques, auteur de quelques choix douteux (armo­ties vendan­gées par exemple), Gulbis faiblit. Au service pour rester dans le match à 5–4 contre lui, le Letton craque, et offre 3 balles de match à son adver­saire. Rafa ne laisse pas passer l’oc­ca­sion et l’emporte sur une dernière erreur de revers de son adversaire.

Si Nadal n’a certes pas eu à sauver de balles de match voire même à disputer un tie‐break décisif, il a pour la première fois de la saison sur terre été réel­le­ment bous­culé. On l’a vu s’en­cou­rager parti­cu­liè­re­ment vigou­reu­se­ment, on a vu Toni se lever… On a senti qu’il y avait danger. Tout le mérite revient à la bonne surprise de cette semaine, le Letton Ernests Gulbis, qui après une saison 2009 catas­tro­phique, montre qu’il va sans doute falloir compter sur lui à l’avenir.

A propos de l’auteur

Pauline Dahlem

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.