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Monfils… encore perdu

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Gaël Monfils s’est de nouveau incliné en finale d’un tournoi ATP, pour la quin­zième fois en dix‐neuf finales. Mais très diminué physi­que­ment, il a dû écourter la bataille en aban­don­nant. Son adver­saire Jurgen Melzer empoche donc le titre à Winston‐Salem. Pour Monfils, l’avenir s’obs­curcit en vue de l’US Open.

Nous sommes dans le troi­sième jeu du second set. Gaël Monfils courbe l’échine – au sens propre – et peine à enchainer les points. Pourtant il se bat. Mais il concède fina­le­ment le break. Jurgen Melzer mène alors un set et un break (6−3 2–1). C’est à ce moment que le Français fait appel au kiné, pour ce qui semble être une douleur à la hanche. Malgré les efforts du prati­cien, Gaël jette l’éponge. Il ne rempor­tera pas un cinquième titre sur le circuit, après un nouvel échec en finale. La malé­dic­tion semble pour­suivre celui qui a perdu 15 des ses 19 finales. Malgré cet abandon, il ne faudrait pas pour autant déva­lo­riser le match de Melzer. En l’es­pace de 54 minutes, Gaël Monfils est tombé – une nouvelle fois – sur plus fort que lui. 

Maitre de l’échange, solide au service et agressif à la volée, le 32e mondial a contrôlé le match dès la première manche. Concrétisant 9 de ses 12 montées au filet, ne perdant que deux points sur sa deuxième balle et ne concé­dant pas la moindre balle de break dans le premier set, l’Autrichien n’a clai­re­ment pas volé un cinquième titre sur le circuit, le premier depuis février 2012 et le tournoi de Memphis. Le demi‐finaliste de Roland‐Garros 2010 s’en­vole ainsi gonflé d’une belle dyna­mique vers New York, où il n’aura qu’un premier tour à défendre. Sa présence dans la partie de tableau de Juan Martin Del Potro pour­rait être un bon indi­ca­teur (voire plus) dans l’op­tique du tournoi de l’Argentin à Flushing Meadows.

L’US Open, Gaël Monfils va l’aborder avec quelques ques­tions… et pas mal de réponses à donner. Cette bles­sure à la hanche remettra‐t‐elle en cause sa parti­ci­pa­tion au Grand Chelem new‐yorkais ? Ou au contraire, a‑t‐il préféré ne pas trop forcer ce soir pour garder ses forces et ses chances là‐bas ? En quête de points, le Parisien a un premier tour très abor­dable face au Roumain Adrian Ungur. Dans cette optique, peut‐être a‑t‐il voulu en garder sous ses semelles bondis­santes… Malgré tout, le pessi­misme a pris le pas sur l’op­ti­misme en vue du dernier tournoi du Grand Chelem de l’année, étape impor­tante dans la remontée actuelle de Sliderman. Une attente posi­tive qui était née de sa remontée de la 119e à la 43e place mondiale en quatre mois et… de sa semaine à Winston‐Salem.

Parce qu’a­vant cette finale, la semaine était belle. Une victoire facile face à Guido Pella, puis deux batailles hispa­niques face à Tommy Robredo et Fernando Verdasco, et enfin un succès au forceps face à Alexandr Dolgopolov. Une série de quatre victoires à l’ap­proche d’un Grand Chelem, voilà qui n’était clai­re­ment pas négli­geable pour la confiance. Mieux encore, il nous avait habi­tués cette saison à s’illus­trer dans les tour­nois précé­dant les Grands Chelems… puis dans ces tour­nois du Grand Chelem en bataillant jusqu’au bout de l’ef­fort. Il fut demi‐finaliste à Auckland puis seizième de fina­liste à l’Open d’Australie. De même à Roland‐Garros après une finale à Nice. La donne sera toute autre cette fois. Espérons que le forfait, lui, ne soit pas inéluctable…

A propos de l’auteur

Emile Vaizand

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.