« Avec cette nouvelle exhi­bi­tion, l’Arabie Saoudite a montré qu’elle était prête à renverser l’ordre établi. Et l’ATP a tout intérêt à répondre », estime le géopo­li­to­logue Raphaël Le Magoariec

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Alors que l’on est certai­ne­ment en train d’as­sister aux prémices d’un chan­ge­ment d’ère impor­tant au sein du tennis mondial avec l’in­fluence gran­dis­sante de l’Arabie Saoudite, qui n’a pas hésité à créer à grands coups de millions une exhi­bi­tion en plein mois d’oc­tobre réunis­sant six des meilleurs joueurs de la planète dont Rafael Nadal et Novak Djokovic, l’ATP se retrouve dans une posi­tion délicate.

En effet, l’as­so­cia­tion des joueurs de tennis profes­sion­nels créée en 1972 va devoir trouver un équi­libre entre colla­bo­ra­tion et indé­pen­dance sous peine de voir le pays dirigé par le prince hériter Mohammed ben Salmane lancer un circuit paral­lèle comme avec le golf. 

Interrogé par Eurosport, le géopo­li­to­logue Raphaël Le Magoariec a résumé ces enjeux. 

« En faisant cela, l’Arabie saou­dite se montre comme une menace. Avec le circuit LIV dans le golf, l’Arabie saou­dite a envoyé un message et l’ATP l’a bien compris. L’Arabie saou­dite a l’ambition de devenir un hub du sport mondial. Avec ses stars mondiales et sa renommée inter­na­tio­nale, le tennis obéit à ce schéma. Avec cette affaire (l’ex­hi­bi­tion 6 Kings Slam), l’Arabie saou­dite a montré qu’elle était prête à renverser l’ordre établi. L’ATP a tout intérêt à répondre à l’Arabie saou­dite. S’ils trouvent un point d’entente, le royaume ne va pas jouer contre l’ATP. »

A propos de l’auteur

Thomas S

Préférant sacri­fier des après‐midis dehors avec les copains pour suivre Roland‐Garros à la TV, Thomas a toujours eu le désir de vivre de sa passion. C’est par l’écri­ture et le jour­na­lisme qu’il concré­tise son rêve en inté­grant la rédac­tion de We Love Tennis en avril 2017 en tant que pigiste, avant de devenir rédac­teur en chef en août 2021. Une aven­ture vouée à se pour­suivre aussi long­temps que possible.