Bartoli : « On sait très bien que si Djokovic était Américain, il aurait une statue dans chaque ville. Le fait de venir d’un petit pays d’Europe de l’Est avec un passé récent doulou­reux a une inci­dence sur sa cote de popularité »

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« Si je n’étais pas origi­naire de Serbie, j’au­rais été élevé au ciel il y a de nombreuses années au niveau sportif, en parti­cu­lier dans le monde occi­dental », a déclaré Novak Djokovic après sa victoire en finale de l’US Open dimanche dernier, syno­nyme de 24e sacre en Grand Chelem.

Dans les Grandes Gueules du Sport sur RMC, la lauréate de Wimbledon 2013, Marion Bartoli, a défendu ce point de vue avec une décla­ra­tion forte. 

« Avec 24 titres du Grand Chelem, 39 Masters 1000, 6 Masters de fin d’année, le record de semaines en tant que numéro 1 mondial, le record de saisons termi­nées en tant que numéro 1 et ses 36 finales de Grand Chelem en 72 parti­ci­pa­tions, on sait très bien que s’il était Américain, il aurait une statue dans chaque ville ! La Serbie est quand même un petit pays, qui a une histoire récente extrê­me­ment mouve­mentée. Il n’est pas autant média­tisé car il est Serbe. Je pense que c’est plus le fait d’être média­tisé qu’aimé. C’est un joueur qui a fait la Une des jour­naux l’année dernière pour un événe­ment abso­lu­ment incroyable à couvrir (son expul­sion d’Australie, ndlr). Cela a dépassé le cadre du sport et c’était excep­tionnel. Ce que j’ex­plique, c’est qu’avec ce palmarès, s’il avait été Américain ou qu’il venait d’Europe de l’Ouest, il serait encore plus couvert. Je parle de la presse inter­na­tio­nale. Là où je suis d’ac­cord avec lui, c’est que venir d’un petit pays d’Europe de l’Est avec un passé récent doulou­reux a une inci­dence sur sa cote de popu­la­rité. Quand on prend les meilleurs spor­tifs de tous les temps, on le met à côté de qui ? Mohamed Ali et Michael Jordan, est‐ce qu’il peut rentrer dans cette caté­gorie ? En termes d’ac­com­plis­se­ment oui mais pas en popularité. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.