Nous vous proposons ici un texte écrit pour le numéro 79 de We Love Tennis Magazine, disponible ici en version numérique.
En remportant son tout premier titre du Grand Chelem le 12 septembre dernier à l’US Open après une finale phénoménale de maîtrise face à la légende Novak Djokovic, Daniil Medvedev n’est pas seulement entré définitivement dans la grande Histoire de son sport, il a également changé de statut et les attentes autour de lui ne seront plus jamais les mêmes.
C’est ce qu’on appelle le revers de la médaille ou l’exigence extrême et presque injuste du très haut niveau. Car lorsque vous remportez le titre ultime au tennis, et d’autant plus face à un joueur comme Djokovic et dans des conditions historiques aussi particulières, votre carrière prend un tournant inéluctable.
Désormais, Daniil ne pourra plus se cacher, ses performances sur le court seront constamment épiées et la moindre défaite sera surexposée. Et ce dès le prochain Open d’Australie où il avait été finaliste en 2021.
Grand favori de cette édition 2022 aux côtés de son nouvel ami Nole, le numéro 2 mondial devra faire au moins aussi bien pour que l’on considère son parcours réussi. Car en plaçant la barre si haut, Daniil est maintenant vu comme un joueur à part, un champion qui n’a presque plus le droit à l’erreur. Si son objectif affiché et assumé est la place de numéro 1 mondial, il lui faudra pour cela gagner ailleurs que sur surface dure s’il veut conserver son trône plus de quelques semaines.
Et c’est sans aucun doute son prochain grand défi au‐delà d’une place de numéro 1 plus symbolique qu’autre chose. Si Daniil veut aller encore plus loin dans sa recherche de victoires et de perfection, cela passera obligatoirement par la terre battue et le gazon.
Pour arriver à ses fins, il faudra se faire violence, notamment sur terre où son attitude n’est pas toujours à la hauteur de celle d’un champion de sa trempe. Même chose sur gazon où son jeu de défense n’est clairement pas aussi efficace et où ses carences à la volée sont d’autant plus évidentes.
Quart de finaliste à Roland‐Garros et huitième de finaliste à Wimbledon cette saison, Medvedev doit au moins atteindre le dernier carré sur chacun de ces Majeurs au cours des deux prochaines années, et plus si affinités. Car si tout le monde le sait capable de remporter quelques Grands Chelems sur dur – à l’US Open ou à l’Open d’Australie – d’ici la fin de sa carrière, Medvedev pourrait encore entrer dans une nouvelle dimension en allant s’offrir un Majeur sur surface naturelle. Cette dimension est celle des intouchables. Seule une poignée de joueurs y accèdent.
Publié le samedi 11 décembre 2021 à 10:17



