Del Potro, ode à la patience

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Longuement blessé au poignet et ayant subi deux opéra­tions, Juan Martin Del Potro préfère prendre son temps pour revenir plei­ne­ment sur le circuit. C’est pour cela que l’Argentin, surnommé la Tour de Tandil, a déclaré forfait pour le Masters 1000 de Monte‐Carlo, afin d’éviter les grosses têtes d’af­fiche. À 26 ans, le lauréat de l’édi­tion 2009 de l’US Open la joue raison­nable, effec­tuant son retour étape par étape.

En voilà un qu’on a hâte de revoir en pleine forme sur les courts ! Blessé au poignet il y a plus d’un an, Juan Martin Del Potro n’est toujours pas revenu à 100%. L’Argentin, ex‐numéro quatre mondial, joue actuel­le­ment des coudes et de patience pour se refaire une place au soleil sur le circuit masculin. Tout a commencé il y a trois ans, alors qu’il ressent des premières douleurs à la base de sa main gauche. Il en fait alors fi mais, au début de la saison 2014, il doit se rendre à l’évi­dence : sa condi­tion physique l’empêche de jouer son jeu et se retrouve contraint de passer sur le billard. Une opéra­tion, une réédu­ca­tion puis une phase de réap­pren­tis­sage qui prend du temps : Del Potro n’ef­fec­tuera son retour qu’en janvier dernier, à Sydney, après plus de dix mois hors des courts. Cependant, malgré deux victoires et un parcours qui le mène en quarts, le vain­queur de l’US Open 2009 décide de se retirer pour prendre un peu de recul. 

Presque an d’ab­sence, mais cela ne suffit pas

Le cas de Juan Martin Del Potro est très délicat. En effet, les bles­sures au poignet sont très compli­quées à gérer et demandent beau­coup de travail de conso­li­da­tion. C’est pour­quoi le joueur que l’on surnomme la Tour de Tandil choisit de prendre son temps mais aussi de subir une seconde opéra­tion, moins lourde que la première, afin de ne prendre abso­lu­ment aucun risque. Il prend même le pari de refuser une wild‐card du côté d’Indian Wells, avant de décoller pour Miami et effec­tuer son deuxième retour sur les courts. Une déci­sion qui l’avait ravi, comme il l’avait expliqué en confé­rence de presse en Floride : « Je ne me soucie pas du résultat, mais partir du court en étant bien physi­que­ment. Je suis juste très heureux de rejouer à nouveau au tennis. « . Côté sportif, le tirage lui impose de jouer Vasek Pospisil, pour une défaite 6–4 7–6(7) d’en­trée, qui le fait davan­tage gamberger.

Après une telle bles­sure il faut prendre son temps, et Del Potro l’a bien compris

Ce revers dès le premier tour aurait pu en désta­bi­liser plus d’un mais pas Del Potro, solide et bien préparé menta­le­ment. L’ex‐numéro quatre mondial choisit alors de tempo­riser, une nouvelle fois, afin de revenir à 100%. C’est ce qui l’a poussé à refuser la main tendue par les orga­ni­sa­teurs du Masters 1000 de Monte‐Carlo, une déci­sion que le joueur a justifié dans les médias argen­tins : « Pour l’ins­tant j’évite les meilleurs joueurs, surtout pour bien me remettre. ». Cependant, rassurez‐vous, il n’est jamais très loin ! Del Po’ a ajouté vouloir prendre part aux tour­nois de Barcelone ou Bucarest, qui débu­te­ront dans moins de deux semaines. S’il veut éviter une trop forte concur­rence, la capi­tale roumaine serait la meilleure alter­na­tive, étant donné que c’est un ATP 250. En défi­ni­tive, il aura donc fallu plus d’un an à Juan Martin Del Potro pour retrouver 100% de sa condi­tion physique. Une période longue lais­sant beau­coup de place au doute mais qui aura eu le mérite de faire grandir l’Argentin, préfé­rant avancer pas à pas plutôt que de brûler les étapes. Une ode à la patience en somme.

Les images de sa première victoire depuis son retour sur les courts, au premier tour de Sydney

A propos de l’auteur

Clement Gielly

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.