Djokovic, Boris et périls

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Unanimement salué après sa démons­tra­tion face à Rafael Nadal en finale de Miami, Novak Djokovic n’a pour­tant pas balayé tous les doutes concer­nant sa colla­bo­ra­tion avec Boris Becker. A l’aube d’une saison sur terre battue pleine de promesses, le retour gagnant dans le giron de Marian Vajda soulève même de nouvelles ques­tions. Et ça ne devrait pas s’arrêter tout de suite.

« Je suis sur d’avoir fait le bon choix ». A force de coups de marteau, Novak Djokovic va finir par créer un petit séisme. Non content de marteler ses adver­saires en revers comme en coup droit, il a du faire de même face aux jour­na­listes. Marteler, appuyer, justi­fier. Répéter qu’il a bien fait de choisir Boris Becker et que tout se passe bien entre Boum Boum et son ancien coach Marian Vajda. « Boris est un coach à mi‐temps dans mon équipe et Marian est l’autre coach, a de nouveau expliqué le Serbe en confé­rence de presse. J’aurais aimé que Boris soit là, mais Marian me connait depuis des années et, heureu­se­ment, il a accepté d’être avec moi ». Car voilà le problème. Becker est, pour l’instant, un coach à mi‐temps partiel. En déli­ca­tesse avec ses hanches, il était absent à Indian Wells et à Miami, les deux premiers titres de son poulain en 2104. Vadja, lui, était là. Tout comme le niveau de jeu mons­trueux de Djokovic. S’il s’agit d’une coïn­ci­dence, elle tombe plutôt mal. Nole en est conscient mais reste fidèle à sa ligne direc­trice. « Je sais qu’après Melbourne et Dubaï certains ont commencé à parler, à s’interroger. Je suis sur qu’il est la bonne personne, a‑t‐il lancé. Je suis excité d’avoir une légende du jeu dans mon staff. Mon titre à Indian Wells, mon bon parcours ici à Miami, ce n’est pas seule­ment à mettre au crédit de Marian, c’est aussi le fruit du travail avec Boris ». S’il a raison, Djoko va devoir remplir en cueillir d’autres sur terre battue pour donner une belle corbeille à manger à ceux qui se questionnent.

La terre promise à Novak ?

En parlant de récolte, le Serbe pour­rait s’ en offrir une jolie dans les deux prochains mois. Jusqu’à de juin, Djokovic n’aura que 1910 points à défendre contre 5100 pour Rafael Nadal. Avec moins de 2000 points de retard depuis hier il peut rapi­de­ment espérer bous­culer la hiérar­chie. A condi­tion qu’il conserve l’ascendant sur l’Espagnol. A l’heure qu’il est, ce dernier doit être heureux d’aper­ce­voir l’ocre au bout du tunnel. « Bien sur que Nadal doit être impa­tient, prédi­sait d’ailleurs Vajda cette semaine. Il aime­rait repeindre tous les courts en rouge ! ». Entre les deux ténors, c’est le rapport de force mental qui prime, bien au‐delà des mathé­ma­tiques. Et c’est juste­ment sur ce plan‐là qu’est censé agir Boris Becker. Un travail qui lui deman­dera un peu plus de déli­ca­tesse que sur les courts. Réconforté, presque rééqui­libré dans le giron de Marian Vajda, le Serbe semble avoir retrouvé le dosage parfait. Il sera donc inté­res­sant de voir comment la mixture évolue. D’autant plus que Becker ne devrait pas faire son retour en tribunes avant la saison sur gazon. D’ici là, si Djokovic fait mieux qu’en 2013, les inter­pré­ta­tions iront encore bon train. Apport de l’Allemand en coulisses ? Absence béné­fique, comme aux Etats‐Unis ? Le serpent devrait conti­nuer à se mordre la queue pendant quelques semaines. Novak s’en fiche, il vient de faire sa mue. Boris, lui, peut bien avaler quelques couleuvres.

  • La raquette de Novak Djokovic, dispo­nible ici !
A propos de l’auteur

Romaric Haddou

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.