El Bombardero baisse pavillon…

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Le Chilien Fernando González mettra un terme à sa carrière de tennisman à l’issue du Master 1000 de Miami. Une déci­sion prise par le joueur suite à des bles­sures à répé­ti­tion et un top niveau jamais retrouvé. Avec son départ, c’est un sacré carac­tère qui quitte les courts. Retour sa carrière.

C’est en 1999 que Gonzo fait du tennis son métier, en inté­grant le haut niveau. Rapidement, le Chilien se démarque, avec un coup droit surpuis­sant qui dépasse aisé­ment les 170 km/h. Sa première balle est stable et plutôt puis­sante, à l’inverse de sa seconde balle, jugée faiblarde. Enfin, son revers n’est pas aussi solide que d’autres joueurs. Peu en confiance sur ce coup, il préfère slicer la balle côté revers, plutôt que de la recou­vrir. Vu comme ça, Gonzalez semble être un tennisman quel­conque, même s’il possède un coup flam­boyant. Mais ce qui démar­quera El Bombardero, ce sera bien son carac­tère, sa hargne, sa grinta.

Avant 2007, la meilleure année de sa carrière, Fernando Gonzalez réalise para­doxa­le­ment ses meilleurs résul­tats en Masters Series. C’est très simple, le Chilien atteindra entre 2002 et 2004 les demi‐finales à de Miami, Monte‐Carlo, Canada et Cincinnati. Gonzo n’atteindra que deux fois la finale d’un Master : à Madrid en 2006 et à Rome, en 2007. Néanmoins, il remporte pas moins de sept trophées, dont deux à Vina del Mar au Chili et Bâle en Suisse. A contrario, l’homme est branché sur courant alter­natif en Grand Chelem : en 2002, il atteint les quarts de finale de l’US Open, alors qu’au cours de l’année, il n’a pas fait mieux qu’un quatrième tour à l’Open d’Australie. Le scénario se répète même en 2003, où le Chilien s’arrête en quart de finale à Roland Garros et au même stade à Wimbledon, en 2005.

Ce gars qui essuie les lignes avec ses fesses…

Mais sans aucun doute, 2007 sera sa plus belle année. Une année, qui commence en fanfare, où il atteint la finale de l’Open d’Australie. En cours de route, il écarte Evgeny Korolev, Juan Martín del Potro, Lleyton Hewitt, James Blake, Rafael Nadal et Tommy Haas. En finale, il rencontre Roger Federer, qui le prive de rêve de titre en Grand Chelem en balayant la rencontre 7–6(2) 6–4 6–4. Il atteint alors son meilleur clas­se­ment, 5ème mondial et pour­suit ses efforts en s’octroyant le tournoi de Pékin et en se quali­fiant pour la Masters Cup de Shanghaï, où il ne gagne qu’un match contre… Federer ! Enfin, en 2008 il atteindra les quarts de finale de Roland Garros, faisant même mieux un an plus tard avec une demie à Paris et un quart à l’US Open la même année. Il annonce en septembre 2010 devoir subir une inter­ven­tion chirur­gi­cale au genou droit et à la hanche droite. Il ne fera son retour qu’en avril, à Belgrade, mais ne retrou­vera malheu­reu­se­ment jamais son meilleur niveau.

C’est donc un grand monsieur, qui a notam­ment remporté la médaille d’argent en simple au JO d’Athènes et d’or en double avec Nicolas Massu, qui quitte le tennis. Un grand monsieur, mais surtout un sacré carac­tère. On ne comp­tera plus le nombre de raquettes que le Chiliens a brisé. On se souviendra surtout de son pétage de câble en demi‐finale de Roland Garros face à Robin Soderling : sur un point liti­gieux, il n’hésitera pas à essuyer avec ses fesses la marque de la balle… Un bonhomme bien trempé comme il en manque de nos jours. Il ne nous reste – peut‐être – plus que ce premier tour face à Nicolas Mahut, à Miami, où ses fans son nombreux. Pour un dernier coup d’éclat ? Vamos !

On retrouve en vidéo la finale de l’Open d’Australie 2007 face à Roger Federer et la saute d’hu­meur du Chilien à Roland Garros, en 2009.

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La perte de moti­va­tion de Gonzalez

La raquette de Rafael Nadal, ici !

A propos de l’auteur

Baptiste Blazy

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.