Entre repos et tour­nois, ce que fait le Top 10 (2)

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Suite du dossier sur les diffé­rentes stra­té­gies adop­tées par les joueurs du Top 10. Loin d’être consen­suelle, l’ap­pré­hen­sion du mois de juillet, véri­table période de tran­si­tion entre la tournée de terre battue euro­péenne et la saison de dur Nord‐Américaine, jouit d’une approche distincte suivant les athlètes : forme du moment, bilan de mi‐saison, état psycho­lo­gique, ambi­tions futures, conjonc­ture favo­rable, proba­bi­lités de succès syno­nyme de gains de points ATP, sont autant de facteurs pris en compte par les joueurs. Plutôt pépère pour les cinq meilleurs au clas­se­ment ATP, le mois de juillet n’a rien d’une siné­cure pour leurs poursuivants…

David Ferrer : Increvable. Inépuisable. Infatigable, n’en jetez plus ! À 29 ans, David Ferrer impres­sionne par son endu­rance. Toujours sur le court, une raquette à la main, l’Espagnol ne s’ac­corde aucun répit pour la pause esti­vale, tout juste quelques jours grap­pillés à droite à gauche. Enchaînant un seizième de finale de Wimbledon avec une finale perdue à Bastad, entre­coupée d’une quali­fi­ca­tion en Coupe Davis face aux États‐Unis, le sixième joueur mondial a laissé beau­coup de forces ces derniers temps. Avant de mettre le cap sur Montréal et sa Rogers Cup en août prochain, le Stakhanoviste de la balle jaune fera escale à Luanco fin juillet pour une exhi­bi­tion de tennis plage…

Gaël Monfils : Quel mois pour Monfils ! S’il comp­tait prendre un nouveau départ, c’est raté. Et sa solide victoire en Coupe Davis face à l’Allemand Philipp Kohlschreiber ne rattrape pas un tableau plutôt sombre. Éliminé dès les 32èmes de finale de Wimbledon, éjecté du tournoi de Stuttgart au premier tour à la surprise géné­rale – il était tête de série numéro un –, la Monf’ n’est pas dans une très grande forme spor­tive. Sur le plan personnel, ce n’est guère mieux : chan­ge­ment d’en­traî­neur, perte récente d’un de ses proches… Le numéro un Français doit à tout prix se relancer avant la saison de dur sur l’autre conti­nent. Cela passe par une bonne perfor­mance à Hambourg cette semaine.

Tomas Berdych : Exempt de Coupe Davis le week‐end dernier contrai­re­ment à ses concur­rents directs, Tomas Berdych en a profité pour parti­ciper à l’Open suédois sur terre battue. Cette trêve bien­venue n’a pour­tant pas empêché le Tchèque de s’in­cliner sur le score sans appel de 6–1, 6–0 face au futur vain­queur de l’épreuve, Robin Söderling. Peut‐être paie‐t‐il là sa première moitié de saison très chargée, lui qui a pris part à pas moins de 15 tour­nois. Reste qu’a­près cet échec en demi‐finale à Bastad, le numéro 8 mondial a décidé de s’éloi­gner des courts un moment, histoire de préparer dans les meilleures condi­tions la Rogers Cup.

Mardy Fish : Le repos en juillet ? Pour d’autres ! À seule­ment 35 points derrière Berdych, ce n’est pas le moment de lever le pied pour Fish. Battu à deux reprises en Coupe Davis par les Espagnols, défait en quart de finale de Wimbledon, l’Américain sait qu’il a une carte à jouer avec la saison de dur qui s’an­nonce. Aussi, son mini‐break de mi‐juillet néces­saire « pour faire le vide après [son] échec à Austin » précède seule­ment une intense tournée Nord‐Américaine, laquelle commence rude­ment tôt. Dès cette semaine, le numéro 9 mondial foulera les courts d’Atlanta, avant d’en­chaîner avec le tournoi de Washington début août.

Andy Roddick : A l’issue de sa victoire sur Andy Roddick à Austin, David Ferrer avait eu cette phrase : « Andy était peut‐être un peu fatigué dans le troi­sième set ». Un cran en dessous de son niveau habi­tuel, l’Américain connaît des perfor­mances en dents de scie actuel­le­ment avec entre autre une sortie préci­pitée au troi­sième tour de Wimbledon. Pas au mieux de sa forme donc, l’an­cien numéro un mondial a décidé de prendre congés, du moins pour quelques temps. Seulement devant Richard Gasquet grâce à cinq tout petits points, Roddick prévoit de commencer sa saison sur le dur améri­cain avec le tournoi de Washington fin juillet, compé­ti­tion qu’il a déjà remportée à trois reprises (2001, 2005, 2007).

Décompression donc pour les têtes d’af­fiche, compé­ti­tions pour les autres, ce mois‐ci deux stra­té­gies s’af­frontent. Pour savoir laquelle est la bonne, rendez‐vous en août avec la Rogers Cup.

A propos de l’auteur

Jérémy Lacoste

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.