Fabulous Fab’ !

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Fabio Fognini ne s’ar­rête plus. Après son premier titre la semaine dernière à Stuttgart, l’Italien a réci­divé hier à Hambourg en battant Federico Delbonis 4–6 7–6 6–2. Tommy Haas, Nicolas Almagro, Philipp Kolhschreiber : tous y sont passés sur la quin­zaine. C’est l’homme du moment.

On sait. Fabulous Fab’, c’était Barthez. C’était du foot. On sait que ça n’a, a priori, pas grand chose à voir. Mais la réalité est là. Fabio Fognini en ce moment, c’est fabu­leux. Impérial en défense, sédui­sant en attaque, Fognini a tout pour plaire. En attei­gnant aujourd’hui la 19ème place à l’ATP, le meilleur clas­se­ment de sa carrière, il confirme par les chiffres ce que ses gestes nous disaient déjà : il est au sommet. Et puis Fognini, c’est aussi une gueule, une dégaine. Un compor­te­ment. Parfois teigneux, toujours spec­ta­cu­laire, l’Italien est aussi un acteur. Alors, Fabulous Fab’ fina­le­ment, ça colle plutôt bien, non ?

Peu de monde le voyait atteindre un tel niveau. Peut‐être même pas lui. « Je pense que j’ai été un peu chan­ceux, j’étais nerveux. Je n’ai pas très bien joué aujourd’hui, mais je me suis toujours battu et je pense que ça a été la clé », disait‐il après la finale contre Federico Delbonis. Chanceux ? L’Italien est modeste, car son parcours est tout sauf un hasard, progres­sant d’année en année pour enfin toucher du doigt les titres qu’il mérite. 88ème en 2008, 55ème en 2010, 45ème l’an dernier. On ne connais­sait pas la chance si régu­lière. Déjà lors de ses premiers pas sur le circuit profes­sionnel – dès 2005 où il dispute son premier tournoi à Palerme – Fognini monte rapi­de­ment en puis­sance. Il décroche la même année ses deux premiers tour­nois Future à Bergame et Murcia et atteint deux ans plus tard le top 100.

Mais 2013 avait pour­tant bien mal commencé. L’Italien perd quatre de ses cinq premiers matches, à Doha, Sydney, l’Open d’Australie et Sao Paulo. Il faut attendre le début de la saison sur terre pour le voir respirer un peu mieux. Il enchaîne un quart à Buenos Aires, une demi‐finale à Acapulco et une autre au Masters 1000 de Monte‐Carlo. Il a même remporté plus de 75% de ses points actuels sur l’ocre – 1525 sur 1970 – prou­vant une fois de plus que c’est sa surface. Et Umag approche… S’il venait à l’emporter, Fognini se hisse­rait à la 14ème place, devant Nicolas Almagro. Rien de surréa­liste, quand on sait qu’il sera tête de série numéro trois derrière Gasquet et Seppi. Et puis, comme dans sa chanson favo­rite « I don’t wanna miss a thing » d’Aerosmith, Fognini ne veut rien rater… Plus constant ces dernières semaines, le 19ème mondial peut se prendre à rêver. A rêver d’un troi­sième titre, s’il conserve ce rythme, chose qu’il a rare­ment su faire les années précé­dentes. Mais cette année, cette si belle année où tout pour­rait lui sourire, pour­quoi pas le top 15 ?

A propos de l’auteur

Baptiste Blazy

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.