Federer : « A l’in­té­rieur, le feu continue à brûler »

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Extraits d’une inter­view accordée derniè­re­ment par Roger Federer au quoti­dien Suisse de langue Allemande Berner Zeitung. L’ancien numéro un mondial parle de sa joie de retrouver la sélec­tion natio­nale et ce que cela repré­sente pour lui.

Est‐ce que cela a été diffi­cile pour vous d’in­té­grer l’équipe suisse ?

« Pas du tout ! Cela a été même très facile. Lorsque Seve (Ndlr, Severin Luthi, capi­taine de la forma­tion suisse) me deman­dait quand je dési­rais m’en­traîner, j’al­lais consulter Stan (Ndlr, Stanislas Wawrinka) pour savoir quel moment lui conve­nait le mieux. […]. Si l’équipe préfère deux entraî­ne­ments courts au lieu d’un long, ca me convient. Je m’adapte.

Dans un groupe, l’or­ga­ni­sa­tion est quelque chose de primor­diale mais bien souvent diffi­cile à mettre en place ?

Nous sommes 8 joueurs, il est donc diffi­cile de trouver des plages horaires sur le court central. A l’US Open, quand je demande un entraî­ne­ment sur le Central, ils me déroulent le tapis rouge. Ici, le problème est que nous devions le partager avec l’équipe adverse.

Hors des courts, comment est l’ambiance ?

C’est génial ! L’entente est très bonne au sein de l’équipe, nous sommes tous amis. Le soir, nous sortons souvent diner ensemble. Moi, ca me va parfai­te­ment puisque je n’aime pas être seul, je me sens bien mieux entouré avec des amis ou ma famille.

En Coupe Davis, vous ne jouez pas pour vous mais pour une équipe, un pays. Comment appréhendez‐vous cela ?

Je ne ressens pas une grande diffé­rence. J’ai toujours le senti­ment de repré­senter la Suisse partout dans le monde ce qui me rend très fier. La Coupe Davis est plus axée sur le drapeau car à la place du « Game Federer », ils disent « Game Switzerland ». C’est un évène­ment impor­tant.

Voulez‐vous vous consa­crer plus à la Coupe Davis ?

Les dates pour les joueurs du Top sont déli­cates à gérer. Je souhai­te­rais m’in­vestir plus que les années précé­dentes mais, pour moi, je consi­dère repré­senter la Suisse durant toute la saison et pas seule­ment en Coupe Davis.

Après avoir gagné autant de titres, la moti­va­tion est‐elle toujours au rendez‐vous ?

Bien sûr. J’ai appris à gérer les défaites mais cela ne m’empêche pas d’ap­pré­cier toujours autant les victoires. À l’instar de Lleyton Hewitt, Andy Roddick ou encore Rafael Nadal : je deviens plus serein et mesuré avec l’âge. Si je ne prenais pas de recul après mes matchs, cela serait impos­sible de tenir physi­que­ment et menta­le­ment. Bien entendu, je suis très heureux lorsque je remporte un tournoi. Dès les demi‐finales, je sens monter l’émo­tion à l’in­té­rieur et c’est pour­quoi je me concentre sur ma réserve. Mais à l’in­té­rieur, le feu continue à brûler, c’est l’es­sen­tiel.  »

A propos de l’auteur

Jérémy Lacoste

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.