Federer et Ferrer, les tren­te­naires au top

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Ils ont 33 ans et 32 ans mais conti­nuent d’occuper le haut de l’affiche. Roger Federer et David Ferrer, certes tren­te­naires, n’ont certai­ne­ment pas dit leur dernier mot. Le Suisse s’est imposé à Dubaï contre Novak Djokovic pendant que l’Espagnol domi­nait Kei Nishikori du côté d’Acapulco, rempor­tant respec­ti­ve­ment leur deuxième et troi­sième tournoi en 2015. Et cela ne semble pas prêt de s’arrêter pour deux joueurs qui ne cessent de repousser leurs limites. Deux hommes qui possèdent un point commun, l’amour pour le jeu.

Federer, tout pour l’attaque

Les scep­tiques étaient nombreux après son élimi­na­tion (précoce) au troi­sième tour de l’Open d’Australie contre Andreas Seppi. Un mois plus tard, Roger Federer tutoie encore les sommets. Le Suisse a décroché son 84eme titre en carrière du côté de Dubaï, le deuxième en 2015 après Brisbane (en trois tour­nois joués, ndlr). Pourtant, l’ATP 500 dans l’Émirat s’annonçait extrê­me­ment relevé. En cinq matches Roger Federer est rede­venu le Fed Express tant redouté. Aucun set perdu et une moyenne de 55 minutes par match, le Bâlois a écrasé la concur­rence. Le numéro deux mondial en a même profité pour donner une petite leçon à la nouvelle géné­ra­tion incarnée par Borna Coric. En finale, le patron du clas­se­ment ATP, Novak Djokovic, a tout simple­ment été balayé et même écoeuré. Depuis qu’il a entamé sa muta­tion à l’aube de la saison 2014 en s’associant avec Stefan Edberg, son jeu a retrouvé une seconde jeunesse : agres­si­vité, prise de balle précoce, le tout pour laisser s’exprimer son talent au filet. Lorsqu’il évolue à un tel niveau, comme samedi en finale, l’Helvète est injouable. On ne le répè­tera jamais assez, mais en déve­lop­pant un tel jeu et en ayant une gestion parfaite de son calen­drier en s’accordant des plages de repos néces­saires, ses possi­bi­lités semblent être infi­nies. Ce qui fait encore courir le numéro deux mondial est cette recherche d’un nouveau Grand Chelem, le 18eme. Le format deux sets gagnants lui convient parfai­te­ment. En cinq manches, il éprouve un peu plus de diffi­cultés. La terre battue pari­sienne semble peu propice à un tel exploit (d’où cette étrange program­ma­tion de prépa­ra­tion à Roland‐Garros avec un tournoi supplé­men­taire à Istanbul, soit quatre semaines sur l’ocre). Son jardin londo­nien ne rêve que de ça. 2015 sera t‑il la bonne année, trois ans après son dernier Majeur ?

Ferrer, l’in­fa­ti­gable travailleur

Ce n’est sans doute pas le joueur qui possède la plus grande aura sur le circuit comme peuvent l’avoir des Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic, voire Andy Murray ou Stan Wawrinka, mais David Ferrer est un joueur à la menta­lité abso­lu­ment irré­pro­chable. Ce samedi du côté d’Acapulco, le Valencian a décroché son troi­sième titre en 2015 en quatre tour­nois disputés. Un total qui fait évidem­ment de lui le joueur le plus titré pour le moment cette saison (ATP 250 de Doha et ATP 500 de Rio et d’Acapulco, ndlr) et qui a gagné le plus de match (18 victoires pour une seule défaite, en huitièmes de finale de l’Open d’Australie contre Kei Nishikori). Le joueur ibérique ne s’était pas qualifié pour le Masters de Londres en fin d’année 2014 (il était rempla­çant, ndlr), une première depuis 2009. On pouvait le penser sur un léger déclin, et peut‐être, orphelin de son entraî­neur de toujours, Javier Piles (de qui il s’est séparé fin 2013). C’est mal le connaître. En débu­tant une nouvelle colla­bo­ra­tion avec Francisco Fogues, Valencian comme lui, a prouvé qu’il était prêt à repartir au combat. En travaillant, encore et toujours. Car c’est bien ça qui définit le mieux la « moby­lette » David Ferrer. Pour le moment, les résul­tats lui donnent raison.

Deux amou­reux du jeu

Ce qui carac­té­rise égale­ment Roger Federer et David Ferrer est leur amour pour le jeu. Un aspect essen­tiel qui explique parfai­te­ment leur longue et belle longé­vité. En essayant sans cesse de repartir de l’avant et de trouver des solu­tions, le Suisse et l’Espagnol prouvent chaque semaine qu’ils sont des grands profes­sion­nels, mais avant tout, des amou­reux du jeu, de leur sport. Quand on aime, on ne compte pas. Alors on ne voit pas pour­quoi ça s’arrêterait.

A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.