Feliciano Lopez sur Carlos Alcaraz : « Je comprends que pour beau­coup de gens, voir le numéro un mondial crier ça à son entraî­neur puisse paraître choquant »

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Dans des propos relayés par Punto de Break, l’an­cien 12e joueur mondial et actuel direc­teur du Masters 1000 de Madrid, Feliciano Lopez, a donné son avis sur la défaite de Carlos Alcaraz contre Sebastian Korda dès le troi­sième tour du Masters 1000 de Miami, le 22 mars dernier. Il a notam­ment commenté l’aga­ce­ment de son compa­triote qui avait crié lors de ce match : « je rentre chez moi maintenant ! »

« Au fond, le tennis est un sport routi­nier, mono­tone, où chaque semaine, c’est la même chose. On voit les mêmes gens, on va aux mêmes endroits, on joue dans les mêmes clubs, on séjourne dans les mêmes hôtels… Je comprends qu’un joueur de tennis, à certains moments, pour une raison ou une autre – parce qu’il est loin de chez lui depuis long­temps, qu’il a eu un problème personnel –, puisse se sentir comme Carlos s’est senti à Miami. Je comprends cela. Ce qui m’a surpris, c’est que cela lui soit arrivé à ce moment‐là, alors qu’il vit le meilleur moment de sa carrière. Car Carlos, au cours de la dernière année et demie, à mon sens, a été incroyable, surtout sur le plan mental. Carlos est un joueur beau­coup plus stable, menta­le­ment beau­coup plus constant, avec prati­que­ment aucune baisse de régime pendant les matchs. C’est un joueur qui, dans le seul domaine où il y avait encore un peu de marge de progres­sion, s’est amélioré. Du coup, ça m’a surpris sur le moment, parce qu’il vit un moment incroyable. Mais si tu connais un peu Carlos, ça ne te surprend pas tant que ça. Carlos est quelqu’un qui, pour le meilleur ou pour le pire, est expressif et dit ce qu’il pense : sur le court en compé­ti­tion, dans une conver­sa­tion privée, lors d’une confé­rence de presse, il parle ouver­te­ment, sans détours, et dit ce qu’il pense. J’adore les gens comme ça, qui vont droit au but et disent ce qu’ils pensent. Je comprends néan­moins que pour beau­coup de gens, voir le numéro un mondial crier à son entraî­neur ‘je veux rentrer chez moi’ puisse paraître choquant. Mais si on replace ça dans son contexte et qu’on connaît un peu le prota­go­niste, on ne trouve peut‐être pas ça si bizarre. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.