Frédéric Verdier détruit Zverev : « C’est spécial de voir un joueur qui est sacré, à l’usure, pour l’en­semble de son oeuvre, mais qui, sur le terrain, n’a rien de plus et ne procure aucune émotion, très peu de plaisir »

Ce lundi, le Rolex Paris Masters célé­brait un moment parti­cu­lier à l’oc­ca­sion de son 40ᵉ anni­ver­saire, avec la remise du trophée de numéro un mondial à Alexander Zverev. Une consé­cra­tion pour l’Allemand, qui n’a toute­fois pas manqué de relancer un débat récur­rent : mérite‐t‐il réel­le­ment sa place au sommet du tennis mondial ?

Pour Frédéric Verdier, jour­na­liste et consul­tant fran­çais d’Eurosport, la ques­tion mérite d’être posée. S’il ne conteste pas la légi­ti­mité du clas­se­ment de Zverev, il trouve néan­moins « gênant » de voir un joueur atteindre la première place mondiale essen­tiel­le­ment grâce à sa régu­la­rité et à sa résis­tance physique tout au long de la saison, sans véri­ta­ble­ment s’im­poser face aux meilleurs.

Et pour cause, l’Allemand n’au­rait remporté que trois rencontres face à des membres du Top 10 cette année, une statis­tique parti­cu­liè­re­ment surpre­nante pour un numéro un mondial.

« Il la mérite cette place, mais c’est prati­que­ment du jamais‐vu de voir un n°1 mondial ne battre que trois Top 10 sur une saison.J’ai bien dit trois matchs ! Jamais aucun n°1 mondial n’a eu à battre un aussi petit nombre de Top 10. C’était vrai­ment une saison parti­cu­lière, déconcertante.Les deux meilleurs joueurs, Sinner et Alcaraz, ont été absents coup sur coup en raison de bles­sures. Novak Djokovic reste une espèce d’immense ecto­plasme sacré, qui lui aussi, dans un bon jour, comme il l’a prouvé à Pékin face à Zverev, est meilleur que ce n°1 mondial-là.C’est spécial de voir un joueur qui est sacré, à l’usure, pour l’ensemble de son œuvre, mais qui, sur le terrain, n’a rien de plus et ne procure aucune émotion, très peu de plaisir. Ses matchs sont en général rébarbatifs.Sauf quand il a une grosse oppo­si­tion. Et malheu­reu­se­ment, quand c’est le cas, je parle de joueurs du Top 10, même de joueurs comme De Minaur à Vienne, en général, ça ne se passe pas bien du tout » a déclaré Frédéric Verdier.

A propos de l’auteur

Antoine Trupiano

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.