Guy Forget : « Ce serait faire injure aux autres joueurs du plateau que de dire que le tournoi est gagné pour Jannik Sinner »

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Alors que Jannik Sinner appa­raît comme l’im­mense favori de Roland‐Garros (24 mai au 7 juin), en l’absence de son grand rival et double tenant du titre Carlos Alcaraz, Guy Forget préfère toute­fois rester mesuré. Dans un long entre­tien accordé à Tennis Actu, l’ancien direc­teur du tournoi pari­sien a rappelé qu’un Grand Chelem peut réserver son lot de surprises.

« Au vu des derniers résul­tats, effec­ti­ve­ment, Sinner est le grand favori. En plus, il a gagné tous les Masters 1000 qu’il a joués depuis le début de la saison, il a été impres­sion­nant sur terre battue. C’est vrai que le forfait d’Alcaraz, vu que ces deux garçons dominent depuis main­te­nant pas mal de temps le tennis mondial… Je pense que les book­ma­kers le placent, effec­ti­ve­ment, en posi­tion de gran­dis­sime favori. Après, tout peut se produire sur un tournoi. D’une part, parce qu’on n’est jamais à l’abri d’une surprise, d’une petite bles­sure. On l’a vu dans l’histoire, le brave Rafael Nadal lorsqu’il a perdu, vous vous souvenez, contre Soderling. Il y a toujours eu des surprises. Donc ce serait faire injure aux autres joueurs du plateau que de dire que le tournoi est gagné pour Jannik Sinner. Après, en plus, sur les Grands Chelems, c’est vrai qu’en cinq sets, je me fais un peu l’avocat du diable, mais les gran­dis­simes favoris qu’ont été Djokovic, Nadal, Federer avaient un atout parce qu’ils géraient mieux la distance, leur état émotionnel que les autres. Ils étaient plus durs à battre à Roland‐Garros, dans un tournoi du Grand Chelem, que dans un Masters 1000 par exemple. Et comme Sinner a gagné les Masters 1000 qu’il a disputés, c’est vrai qu’il sera très, très dur à prendre. Néanmoins, j’ai hâte de le voir et surtout de voir les autres joueurs du tableau, qui, lorsqu’ils joue­ront contre lui, n’auront vrai­ment rien à perdre. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.