Guy Forget sur Arthur Fils : « Ce serait presque maladroit de lui coller l’étiquette de rempla­çant de Yannick Noah »

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Lors de sa longue et passion­nante inter­view accordée à Tennis Actu, l’ancien 4e joueur mondial et ex‐directeur de Roland‐Garros, Guy Forget, a évoqué les chances de sacre d’Arthur Fils à Paris. Pour lui, il est encore trop tôt pour parler d’un succes­seur à Yannick Noah, dernier joueur fran­çais titré en Grand Chelem (Roland‐Garros 1983).

« Il fait partie aujourd’hui, c’est vrai, des outsi­ders à Roland‐Garros, qui peuvent prétendre aller peut‐être dans le dernier carré. En deuxième semaine, c’est sûr. Dans le dernier carré, peut‐être. Mais ce serait, je trouve, presque maladroit aujourd’hui de mettre la charrue avant les bœufs, de lui coller l’étiquette de rempla­çant de Yannick Noah. Laissons‐le faire, se préparer, évoluer dans ce tournoi, en analy­sant chacun de ses matches — et j’espère qu’il y en aura beau­coup — avec luci­dité et beau­coup d’enthousiasme, parce qu’il a un jeu qui est spec­ta­cu­laire. Et puis s’il gagne dans la douleur, ce n’est pas grave. On espère qu’il récu­pé­rera bien pour le match suivant. Profitons de chacun des matches qu’il va jouer sans pour autant regarder le sommet. C’est comme un alpi­niste qui parti­rait : ‘Je vais essayer de gravir l’Everest.’ Mais bon, il y a le camp de base, le camp numéro 2, le camp 3, le camp 4, et puis il faut les faire les uns après les autres. On ne gravit pas l’Everest comme ça du premier coup. Donc il faut beau­coup d’humilité, beau­coup de patience, beau­coup de persé­vé­rance aussi, pour pouvoir arriver peut‐être à un moment donné, un jour, au sommet. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.