Haas : « Gagner un Grand Chelem »

54

Tommy Haas est inoxy­dable. A 34 ans, l’Allemand éprouve toujours autant de plaisir sur les courts. Et ce n’est pas sa 22e place actuelle après avoir été au plus bas il y a deux ans qui nous fera dire le contraire. Très apprécié sur le circuit par les joueurs et par les fans, l’an­cien numéro 2 mondial s’est confié sur le site de l’ATP suite à sa victoire en quarts à San Jose.

« C’est encore aujourd’hui que j’ai l’im­pres­sion de vivre mes meilleurs moments. » Tommy n’y va pas par quatre chemins. Lui qui a pour­tant été numéro 2 mondial en 2002, le voilà en train de savourer ses quelques perfor­mances sur le circuit dans les années 2010 au détri­ment de ses victoires de l’époque contre Roddick, Sampras ou Federer. Mais rien d’illo­gique non plus là dedans. Tommy aurait très bien pu voir sa carrière s’ar­rêter il y a trois ans. « J’aurais pu faci­le­ment jeter l’éponge après mon opéra­tion de la hanche. Il y avait de nombreuses fois où j’ai pensé qu’il n’y avait pas moyen pour moi de revenir à la compétition. »

« Même quand je suis revenu, j’étais toujours lent. Et quand vous êtes lent dans ce jeu, vous faites des folies sur le terrain que vous n’êtes pas sensé faire. Mais si vous avez un bon envi­ron­ne­ment autour de vous et des gens qui croient en vous que vous savez vous amuser, vous pouvez profitez de la vie et garder de la moti­va­tion, ce qui est énorme. » Enorme oui, c’est le bon mot. A 34 ans, Tommy Haas est 22e mondial. Ce qui lui a valu d’être élu en qualité de come­back de de l’année 2012 par l’ATP. Ce qui était mérité pour ce joueur hors‐normes.

Pour lui, l’âge ne veut rien dire : « J’aime vrai­ment jouer au tennis quel que soit le niveau. Rien qu’en étant dans la compé­ti­tion, vous passez par tant d’émo­tions diffé­rentes, par des hauts ou des bas. » Prenons les hauts, tiens. Comment ne pas revenir sur cette formi­dable victoire à Halle où l’Allemand a vaincu le roi Roger Federer en personne ? Et ses deux finales à Hambourg et Washington en juillet‐août ? « La confiance est revenue dans mon jeu. Je pense que je peux physi­que­ment aller encore mieux, ce qui est très impor­tant quand vous devez jouer parfois pendant deux heures à un niveau élevé. Essayer de m’amé­liorer est devenu mon seul but. Je prends du plaisir à travers le simple fait de concur­rencer et de riva­liser avec les meilleurs. » Ce qui demande forcé­ment, à son âge, plus d’ef­forts et de dosage à l’en­traî­ne­ment afin de tenir encore la distance. L’Allemand ne se déplace plus aussi rapi­de­ment qu’a­vant. « Mes séances d’échauf­fe­ment d’avant‐match sont beau­coup plus longues qu’a­vant. Je dois main­tenir mon corps à un niveau élevé. Quand vous vieillissez et que vous devenez plus sage, vous sentez que vous savez ce que vous avez à faire. »

Mais s’il ne veut pas encore prendre sa retraite, quel autre but pouvez vous vous fixer ? Et bien Tommy, lui, ne vise pas mieux qu’un Grand Chelem avant de tirer sa révé­rence. « Evidemment, je sais combien c’est diffi­cile, surtout avec les quatre ou cinq premiers joueurs au clas­se­ment. Il faut être réaliste, car le fait est que ces gars‐là ont dominé les tour­nois du Grand Chelem ainsi que les Masters series durant les huit dernières années. Il n’y a pas beau­coup de gens en dehors d’eux capables de lever ces trophées. Peut‐être qu’ils ne sont que 5 ou 10 % meilleurs que le reste d’entre nous, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a aucune chance. »

Mais quelle est la clé Tommy ? « Je pense que j’ai de plus grandes chances au meilleur des trois sets qu’au meilleur des cinq sets, en parti­cu­lier contre les cinq premiers gars, mais vous avez ce rêve de pouvoir le faire qui continue. Vous n’aban­donnez jamais. Lorsque vous êtes sur le terrain, tout est possible. » On ne demande qu’à voir ça, Monsieur Haas.

A propos de l’auteur

Simon Alves

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.