« Je trouve curieux que l’on évoque une mauvaise rela­tion entre Sinner et Federer pour expli­quer l’ab­sence de Jannik à cet événe­ment. Il convient peut‐être de souli­gner deux ou trois petites choses », tempère Marco Mazzoni

226

Alors que la neuvième édition de la Laver Cup aura lieu à Londres du 25 au 27 septembre, Jannik Sinner n’a toujours pas parti­cipé à la compé­ti­tion créée en 2017 par Roger Federer et son agent Tony Godsick.

Cette absence alimente certaines inter­ro­ga­tions sur les rela­tions entre le numéro 1 mondial et la légende suisse. « Je ne dis pas que Sinner et Federer ne s’entendent pas, car je ne pense pas que ce soit le cas, mais en creu­sant un peu, il semble que la rela­tion entre les deux hommes ne soit pas très fluide », a récem­ment estimé José Moron, rédac­teur en chef de Punto de Break.

Une inter­pré­ta­tion que ne partage pas vrai­ment Marco Mazzoni, jour­na­liste et auteur d’un livre consacré à Jannik Sinner. Pour lui, l’absence de l’Italien à la Laver Cup s’explique avant tout par des choix spor­tifs et une orga­ni­sa­tion diffé­rente de son calendrier.

« Alors que la Laver Cup s’ap­prête à démarrer, je trouve curieux que l’on évoque une mauvaise rela­tion entre Sinner et Federer pour expli­quer l’ab­sence de Jannik à cet événe­ment. Il convient peut‐être de souli­gner deux ou trois petites choses : Jannik a expliqué à plusieurs reprises que, lors d’une année « normale », sans bles­sure (ce qui n’est donc pas le cas cette année), il y a deux phases impor­tantes de prépa­ra­tion : après l’Open d’Australie, puis après l’US Open. La Laver Cup tombe exac­te­ment dans l’une de ces deux périodes. La Laver Cup est une exhi­bi­tion sur invi­ta­tion, aussi lucratif et pres­ti­gieux soit‐il, mais ce n’est qu’un bonus. Je ne pense pas que notre Sinner ait besoin d’un chèque supplé­men­taire pour joindre les deux bouts, c’est pour­quoi il privi­légie à juste titre sa carrière, même si certains ne comprennent pas ses choix. Bon nombre des personnes présentes à l’événement sont d’une manière ou d’une autre proches de l’équipe de mana­ge­ment de Roger et des spon­sors de l’événement, tandis que Jannik a la sienne, bien struc­turée, et des spon­sors diffé­rents. Aucune pres­sion. La seule raison qui, selon moi, pour­rait amener JS à y parti­ciper serait une édition en Italie. Dans ce cas‐là, les choses pour­raient peut‐être changer, mais pour l’instant, il n’y a aucune trace de cela et on n’en parle même pas. Sinner a toujours cité Federer comme modèle et s’est entraîné avec lui quand il était très jeune, à Rome, et je crois même à d’autres occa­sions. Je ne vois aucune raison de friction. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.