Accueil ATP Jo‐Wilfried Tsonga : « On dit que Roland n’est pas pour moi… »

Jo‐Wilfried Tsonga : « On dit que Roland n’est pas pour moi… »

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Une salle de presse de Roland Garros bour­rée à cra­quer, 100 pin­gouins qui attendent un phoque, et voi­là Tsonga tou­jours aus­si calme et déta­ché qui déboule, sûre­ment un peu amu­sé de tout ce délire. Heureusement tout est ren­tré dans l’ordre dès les pre­mières secondes : ques­tions connes, réponses sans inté­rêt, après 15 jours la tête en bas, on était bien de retour en France. Votre Apolline avec son beau che­mi­sier orange a bien essayé de poser deux ques­tions de ten­nis mais visi­ble­ment on n’é­tait pas venu pour par­ler de ça ce matin. 

Est‐ce que tu as tiré les enseignements de ce qu’il s’est passé pendant cette quinzaine ? 

Oui bien sûr, des ensei­gne­ments, j’en tire et je vais en tirer. Ca change plein de choses pour moi et vivre cet engoue­ment, c’é­tait quand même un peu particulier. 

Jo, mon petit Jo, 48 heures après, qu’est‐ce qui t’as manqué lors de cette finale ? ( première question de votre Apolline que Monsieur Bîmes vient de désigner comme la fille au chemisier orange) 

Pas grand‐chose. Je suis tom­bé sur un joueur qui jouait très bien. C’était vrai­ment du haut niveau. Moi en tout cas, j’ai joué un très bon ten­nis. Ce qu’il me manque, c’est peut‐être un ou deux points dans le 2ème set pour faire un break de plus. En tout cas, je n’ai pas de regrets. Le joueur en face de moi était très bon et je n’ai pas à rou­gir de cette défaite. 

Qu’est‐ce que ça procure de jouer dès le 1er tour sur le Rod Laver Arena avec toute ce public qui prend fait et cause pour toi ? 

Ca fait très plai­sir d’a­bord parce que je ne pen­sais pas jouer à ce niveau‐là. J’ai bat­tu de très bons joueurs et c’é­tait pour moi des moments de bon­heur d’être sur le court. C’était vrai­ment très par­ti­cu­lier. Forcément j’ai eu des sen­sa­tions que tout le monde ne peut pas avoir. Jouer devant 15000 per­sonnes, c’est très spé­cial. Il y a eu un moment très fort, c’est quand à l’é­chauf­fe­ment de la finale l’ar­bitre a annon­cé mon nom et tout le stade s’est levé, c’é­tait incroyable. 

Qu’est‐ce qu’il y a de particulier pour reprendre tes mots dans ces moments‐là ? 

C’est par­ti­cu­lier sim­ple­ment parce que c’é­tait la pre­mière fois que je vivais ça, tous ce monde, tous ces jour­na­listes, tous ces pho­to­graphes autour du moi quand je sors de l’aé­ro­port, je crois qu’on peut dire que c’est « particulier ». 

Tu étais impressionné ? 

Oui for­cé­ment un peu impressionné. 

Jo, pendant la quinzaine, quel sont les échos que tu as reçus de France ? 

Pas grand‐chose à vrai dire parce que j’a­vais mon entraî­neur qui était là pour m’en­le­ver les jour­naux des mains. J’allais un peu sur le net pour lire quelques articles de presse. 

Tu vas jouer ta première sélection en Coupe Davis, penses‐tu qu’avec l’équipe que vous avez, vous êtes capable de ramener la Coupe en France ? 

Oui, capable on l’est for­cé­ment. On a trois joueurs dans le top 20, je ne connais pas beau­coup d’é­quipes qui ont un tel niveau. Donc on a nos chances. 

Eric, comment vous avez vécu cette quinzaine ? 

On l’a vécu avec beau­coup d’é­mo­tions et beau­coup d’in­ten­si­té. Je dois avouer que quand j’ai vu le tirage au sort, ça m’embêtait un petit peu, comme celui de l’an der­nier avec Roddick. Mais j’é­tais éga­le­ment d’ac­cord avec Jo, c’est que s’il bat­tait Murray, le tableau s’ou­vrait légè­re­ment pour lui. Non seule­ment il est pas­sé mais il y a eu quelque chose d’im­por­tant lors de ce pre­mier tour, sur le Rod Laver Arena, il y a eu une osmose qui s’est créée avec les gens dans le public. Et ça a per­du­ré sur 15 jours. Pour un entraî­neur c’est une grande émo­tion de voir son joueur évo­luer à ce niveau‐là. Ce n’é­tait pas une sur­prise pour moi parce que je l’a­vais déjà vu évo­luer contre de très bons joueurs. Par contre c’é­tait un plai­sir de voir évo­luer un joueur avec autant de faci­li­té sur un aus­si grand court avec de tels joueurs en face de lui. Ca va lui ser­vir pour toute sa carrière. 

Mon grand Eric, Jo a dit qu’il n’avait jamais travaillé comme ça cet hiver. On peut savoir le détail de cette préparation ? (deuxième essai de votre Apolline qui tente vainement de recadrer le débat) 

Rien de par­ti­cu­lier par rap­port à d’ha­bi­tude. Jo est juste quel­qu’un qui tra­vaille énor­mé­ment depuis plu­sieurs mois. Là où il peut être fier, c’est qu’il sait désor­mais pour­quoi il a tra­vaillé. Maintenant je ne vou­drais pas le contra­rier, là, tout de suite, en arri­vant, mais on va lui pro­po­ser de tra­vailler bien enten­du un petit peu plus, pour un jour le rame­ner encore dans une finale du tour­noi du Grand Chelem. 

Jo, Roland Garros, c’est encore loin mais on attend qu’un Français s’impose à Paris, comment tu vois ton potentiel sur terre battue ? 

Je pense que je vais me pré­pa­rer pour défendre mes chances au maxi­mum. Ca me tient à cœur de bien évo­luer ici. Ca fait deux ou trois ans que je n’ai pas pu m’ex­pri­mer. On m’a entre guille­mets lan­cer un petit défi en disant que Roland ce n’é­tait pas pour moi. Moi je vais faire le maxi­mum et je pense que j’ai un jeu qui peut très bien mar­cher sur terre bat­tue. Je décale beau­coup avec mon coup droit comme le font les Espagnols, je défends bien mon ter­rain, je peux encore m’a­mé­lio­rer mais je pense que je peux bien jouer sur cette surface. 

Ce qui nous a beaucoup bluffé pendant cet Open, c’est ton calme et ta confiance en toi pour quelqu’un de ton âge. D’où ça te vient ? 

« Pour quel­qu’un de mon âge ? ». Non je crois sim­ple­ment que c’est natu­rel, c’est dans mon tempérament. 

C’est naturel ou c’est venu à cause de cette suite de blessures ? 

Oui, je pense que je suis tran­quille parce que dans la vie il y a bien pire que de perdre un match de ten­nis. Pour moi c’est déjà une chance de pou­voir jouer.

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