AccueilATPLa résistance s'organise contre le nouveau règlement anti-dopage

La résistance s’organise contre le nouveau règlement anti‐dopage

-

Après Rafael Nadal il y a quelques semaines, c’est Andy Murray qui remet sérieu­se­ment en ques­tion les nouveaux modes de contrôle anti‐dopage instaurés depuis le 1er janvier et qu’il juge « ridi­cules ».

« Les nouvelles règles sont si draco­niennes qu’il est presque impos­sible d’avoir une vie normale » lance Andy Murray dans les colonnes du Times ce matin. Le quatrième mondial se plaint du manque de cohé­rence des nouveaux modes de contrôle anti‐dopage.

Depuis le 1er janvier dernier, l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) oblige les spor­tifs à fournir un emploi du temps très précis, dans le but que les respon­sables sachent où ils se trouvent au moins une heure dans la journée, pour effec­tuer des contrôles. Si à trois reprises le joueur ne se trouve physi­que­ment pas là où il l’a annoncé, il s’expose à une suspension.
« J’ai eu la visite d’un contrô­leur à 7 heures du matin chez moi, juste après mon voyage de retour d’Australie. Je me suis réveillé sans savoir vrai­ment où j’étais et je souf­frais du déca­lage horaire. Il m’a semblé ridi­cule de faire ce contrôle alors que j’avais déjà subi un test quatre jours plus tôt, direc­te­ment après ma défaite à l’Open d’Australie. Le respon­sable qui est venu chez moi m’a demandé de produire une pièce d’iden­tité pour prouver qui j’étais. Il a insisté pour me regarder fournir un échan­tillon (d’urine), avec litté­ra­le­ment mon pantalon aux chevilles »

L’Ecossais pour­suit : « Si on manque un vol ou si un vol a du retard, je dois toujours le dire à l’AMA. Elle doit toujours savoir où je vais, même quand je suis en repos. Ils ont même tournés autour de mon hôtel à Miami alors que j’étais en vacances. »
Il faut donc, selon le quatrième mondial, repenser en profon­deur ce nouveau système : « Le tennis n’a pas de gros problèmes avec le dopage. Je soutiens le dépis­tage et je suis favo­rable à condamner ferme­ment l’utilisation des drogues, mais le contrôle doit être plus pratique… »

Au cours du mois de janvier, Rafael Nadal avait mis en exergue les mêmes anoma­lies, dénon­çant le « manque de respect de la vie privée ». « Même ma mère et mon oncle ne savent pas toujours où je suis. Donc envoyer un message ou avoir peur toute la journée en cas de chan­ge­ment de programme de dernière minute, c’est exagéré. J’ai déjà eu la visite des agents, à Majorque, un samedi à 8h du matin, alors que j’avais fait la fête toute la nuit avec les copains. Vous imaginez… Nous sommes des humains, et n’avons pas à être consi­dérés comme des crimi­nels alors que nous faisons du sport. » Les frères Bryan s’étaient de même dits « effrayés » par le nouveau règlement. 

De son côté, L’AMA n’avait pas vrai­ment apprécié les propos de l’Espagnol, esti­mant qu’il devrait plutôt donner l’exemple : « Les athlètes devraient réflé­chir un peu plus avant d’ou­vrir la bouche. (…) Ces exigences sont raison­nables, et c’est la respon­sa­bi­lité des athlètes de haut niveau de protéger l’in­té­grité du sport,a répondu le direc­teur général de l’AMA David Howman. Ces exigences ont été conçues pour donner aux athlètes un outil pour montrer leur enga­ge­ment dans la lutte anti‐dopage. »
Un collectif de 65 foot­bal­leurs, cyclistes et volleyeurs seraient même prêts à porter plainte contre ce nouveau règle­ment auprès de la Cour des Droits de l’Homme.