En cette période de trêve hivernale, de nombreuses exhibitions fleurissent un peu partout dans le monde avec des plateaux qui feraient rougir n’importe quels tournois ATP 250. L’IPTL en Asie, qui s’est offert Roger Federer ou encore Novak Djokovic, rencontre un vrai succès populaire et médiatique dans la région. Cette semaine se déroule en France l’Open de Caen, tournoi‐exhibition qui aligne un Roberto Bautista Agut (15eme), David Goffin (22eme) ou encore Richard Gasquet (26eme).
Aujourd’hui, on pourrait se demander si finalement ces exhibitions qui proposent beaucoup d’argent aux joueurs ne vont‐elles pas remettre en cause le circuit traditionnel ?
Le débat a le mérite d’être lancé. Le directeur général de la Fédération française de tennis, Gilbert Ysern, s’est exprimé à nos confrères du Monde ce dimanche et n’a pas caché son inquiétude pour l’avenir du circuit traditionnel justement. Une déclaration plutôt lucide sur l’état actuel de la situation. Extraits.
« Avec cette espèce de dérégulation du marché, le risque est réel. Jusqu’ici, il y avait une espèce de valeur établie de ce que pouvait raisonnablement espérer gagner un joueur selon son niveau et selon les tournois, entre les Grand Chelem, les Masters 1000 et les autres. Là, un grand désordre s’installe. Oui, il y a un risque que les joueurs considèrent que ça ne vaut plus la peine de jouer un certain nombre de tournois. Les tournois du Grand Chelem et les Masters 1000 ne sont évidemment pas concernés, puisque l’enjeu de ces tournois va bien au‐delà de l’enjeu financier. Mais les autres paient des garanties aux meilleurs joueurs pour qu’ils viennent, et ce nouveau marché d’exhibition avec des rémunérations de folie a forcément un impact sur les tournois au niveau des garanties. Aujourd’hui, la plupart des tournois ne peuvent pas s’aligner sur ce que réclament les joueurs, parce que, d’une certaine façon, toutes ces exhibitions laissent penser que la valeur de ces joueurs s’établit au niveau où ils sont payés pour aller jouer ces exhibions‐là. Du coup, ils considèrent qu’il valent « tant » par prestation, et évidemment, les petits tournois ne peuvent pas s’aligner sur le « tant » en question. Et ces tournois peuvent être en difficulté s’ils n’arrivent pas à faire venir une ou deux stars, parce que c’est ces joueurs‐là que les gens veulent voir. »
Plusieurs problématiques peuvent donc être soulevées. Avec de telles garanties financières sur ces exhibitions, un joueur toucherait plus en y participant qu’en venant jouer un tournoi ATP 250 par exemple. Si le top 10 ne rentrerait pas directement dans ces considérations, un joueur qui pointe entre la 15eme place mondiale jusqu’à la 35eme place, va surement avoir plus de difficultés à gagner un ATP 250 qu’un tournoi exhibition où les règles peuvent être adaptées, comme on peut le voir à l’Open de Caen où Gasquet et Bautista Agut débutent directement en demi‐finale. Et surtout, les garanties financières pour un effort moins important ne sont pas les mêmes. Le mérite revient évidemment aux organisateurs d’avoir su réunir un tel plateau, ce n’est pas le problème.
Mais un organisateur d’un tournoi ATP 250 a de quoi être inquiet quand il construira son budget si certains joueurs restent dans la dynamique de ces exhibitions. En même temps c’est un peu le serpent qui se mord la queue puisque le niveau de la garantie est fortement liée au classement du joueur.
C’est pourquoi, il faudrait quand même aborder le sujet de façon concrète. Le directeur de l’Open 13 de Marseille, Jean‐François Caujolle, avait d’ailleurs déjà soulevé ce problème en février dernier. « La situation des tournois 250 est à revoir. On est aujourd’hui la part la plus importante de l’ATP en termes de tournois. J’ai l’impression qu’on est un peu à l’époque prérévolutionnaire (…) Aujourd’hui il y a neuf Masters 1000, treize tournois 500 et quarante tournois 250 et on est traité comme le Tiers état… » Le message a le mérite d’être clair.
Et il faut espérer que l’ATP ne reste muette. De toute façon, ses dirigeants savent aussi que le développement passe par l’Asie. Alors pourquoi ne pas installer une tournée asiatique plus conséquente avec plus de tournois dans cette zone du globe. La WTA l’a déjà compris avec une très forte hausse des compétitions en Asie et notamment le Masters qui se déroule depuis cette saison à Singapour.
Désormais, c’est à vous de nous dire si oui ou non le circuit traditionnel est en danger.
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Publié le lundi 8 décembre 2014 à 13:00



