Le gros coup de gueule de Benoît Maylin : « Je combats ce mec. Pour moi, il se trompe complètement »

287
Tennis : BNP Paribas Open 2019 -

Alors que le président de l’ATP, Andrea Gaudenzi, a dévoilé un plan pour 2028 dans un contexte de tensions crois­santes avec les joueurs, de plus en plus critiques à l’égard du calen­drier, le jour­na­liste Benoît Maylin, chro­ni­queur pour l’émis­sion « Sans Filet » de Winamax, n’a pas du tout été convaincu.

« Je pense que ce gars‐là se rêve en Lagerfeld du tennis. Il veut nous faire croire qu’il va révo­lu­tionner le tennis, en faire une Fashion Week perma­nente, avec les plus grandes coutures et tout ce qui va avec. Mais en réalité, ce n’est qu’un vendeur de clin­quant. Il rêve d’or, mais ne produit que du plaqué or. Et surtout, il se trompe complè­te­ment. Le tennis ne peut exister que par sa rareté. La Coupe Davis devrait se jouer tous les deux ans plutôt que tous les ans. Si les Grands Chelems ont une telle impor­tance histo­rique, c’est juste­ment parce qu’il n’y en a que quatre par an. C’est déjà beau­coup, mais cette rareté leur donne une valeur parti­cu­lière. À côté, il y a les autres tour­nois. Et lui veut multi­plier les Masters 1000, jusqu’à phago­cyter tout le circuit. Résultat : le spec­ta­teur occa­sionnel ne s’y retrouve plus. Il ne sait plus quels sont les tour­nois impor­tants, quand ils ont lieu ni quels joueurs s’y affrontent. Le tennis devient une bouillie dans laquelle on ne distingue plus les événe­ments majeurs des autres compé­ti­tions. Qu’est-ce qui fait encore la diffé­rence ? Quelle valeur accorde‐t‐on à une victoire ou à un titre si tout se multi­plie en permanence ? 

C’est exac­te­ment ce que je reproche à ce projet : ajouter dix Masters 1000 à la saison, sur une succes­sion inter­mi­nable de semaines, sans se soucier de la lisi­bi­lité du circuit. Mais à force de tout multi­plier, on finit par perdre les spec­ta­teurs. Ils ne comprennent plus ce qui se passe et ne mesurent plus l’importance des titres. C’est pour ça que je combats ce mec. Je pour­rais descendre dans la rue pour défendre ce sport, parce qu’à force de vouloir tout renta­bi­liser et de gaver le public de compé­ti­tions, on finit par le dégoûter. Et c’est pareil dans tous les sports : à vouloir gagner toujours plus d’argent et proposer toujours plus de contenu, on finit par brouiller les repères. Les gens ne savent plus où ils en sont. Pour moi, il se trompe complètement. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.