Les gauchos reviennent au vert…

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Retour gagnant sur gazon pour deux Argentins, qui, avec le temps, avaient certai­ne­ment oublié qu’un court pouvait être vert. David Nalbandian et Juan Martin Del Potro ont remporté, tous deux, leur premier tour au Queen’s. Ils n’avaient plus foulé l’herbe en compé­ti­tion offi­cielle depuis trois et deux ans.

Pour David Nalbandian, ce retour au gazon, c’est un peu la saveur du good old time et une bouchée de made­leine déli­vrant dans sa bouche toutes ses rémi­nis­cences. C’était en 2002… La première grosse perfor­mance de David dans un tournoi du Grand Chelem, une finale à Wimbledon. Cela restera sa meilleure, suivie des quatre demi‐finales dans les trois autres majeurs qu’on lui connaît. Ajoutez à cela un quart, toujours au All England Lawn Tennis Club, et une demie au Queen’s, ça vous fait quelques bons souve­nirs… « J’aime bien jouer sur herbe », expliquait‐t‐il il y a quelques semaines. « Et accéder à la finale de Wimbledon en 2002 a été un moment impor­tant de ma carrière. J’espère avoir une bonne saison sur cette surface cette année. » Aujourd’hui, face à Illya Marchenko, David Nalbandian a disputé son premier match sur herbe depuis la semaine du 23 juin 2008 et une défaite face à Frank Dancevic. Un retour victo­rieux 6–3 6–4. Mais c’était aussi un retour sur les courts après trois mois d’arrêt. Son dernier match ? Une victoire en Coupe Davis, début mars, face au Roumain Ungur, acquise dans la douleur, les larmes et les bles­sures – hernie ingui­nale, adduc­teurs… On l’es­père suffi­sam­ment remis et en mesure de nous montrer l’étendue de son talent dans les semaines à venir.

Côté Juan Martin Del Potro, le gazon n’a pas le même poten­tiel évoca­teur et ces fragrances de succès… L’actuel numéro deux argentin n’a disputé que 16 matches, seule­ment, sur cette surface si parti­cu­lière. On se met, sous la dent, une demi‐finale à s’Hertogenbosch, mais c’est bien tout. A Wimbledon, dans le temple du tennis, il n’a jamais dépassé le deuxième tour, pas épargné, il est vrai, par les tirages au sort. Tout à l’heure, on l’a vu jouer et remporter sa première rencontre sur gazon depuis juin 2009 et la levée du Grand Chelem londo­nienne. Un retour, comme Nalbandian, mais un retour très doulou­reux : peu à l’aise dans ses dépla­ce­ments, tombant régu­liè­re­ment, il a semblé souf­frir et très mal maîtriser la tran­si­tion terre‐herbe. 

Les deux suivent une trajec­toire paral­lèle, quand bien même ils ne se supportent pas. La cerise sur le gâteau : les retrouver en finale du Queen’s ? Ca tien­drait du miracle, mais les Argentins, habi­tués à l’ocre, peuvent toujours rêver…

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.