L’US Open Series, le feuilleton de l’été

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Avec le tournoi d’Indianapolis s’ouvre la 6e édition de l’US Open Series. L’été améri­cain va mener vers le dernier Grand Chelem de l’année, l’US Open. Une période qui sourit diffé­rem­ment aux joueurs en fonc­tion des années. Dans une situa­tion tota­le­ment diffé­rente à l’année passée, l’été promet d’être chaud aux Etats‐Unis. Mais y a‑t‐il un favori ?

Le Big Four

Sur le plan de la confiance, personne n’a les mêmes certi­tudes que Federer, qui a réalisé le doublé Roland Garros‐Wimbledon, comme Nadal l’année dernière. Mais ses résul­tats en début d’année, vierges de tout titre sur dur malgré une finale à l’Open d’Australie et deux demi‐finales à Indian Wells et à Miami battu respec­ti­ve­ment par Nadal, Murray et Djokovic, montrent que la concur­rence est plus forte sur cette surface. C’est la deuxième année consé­cu­tive que Federer arrive au début de l’été améri­cain sans titre sur ciment. Et il n’avait ouvert son comp­teur qu’à l’US Open. La nais­sance de son premier enfant pour­rait égale­ment redis­tri­buer les cartes. En tant que grand profes­sionnel, le numéro 1 mondial avait su recti­fier le tir. Quel sera son état à Montréal ?

Rafael Nadal reviendra lui aussi à Montréal. Il fait sa reprise d’en­traî­ne­ment aujourd’hui avant de défendre son titre au Canada. Vainqueur de l’US Open Series l’année dernière, la place de l’Espagnol a radi­ca­le­ment changé depuis deux mois. Incontestable numéro 1 mondial de août à mai, vain­queur en Australie et à Indian Wells cette année, Nadal revient sur des terres qui lui ont réussi mais qui le font souf­frir physi­que­ment. Son repos forcé sera peut‐être salva­teur pour cette fin saison, lui qui finit géné­ra­le­ment les années épuisé ou blessé.

Andy Murray semble être le grand épou­van­tail de cette saison esti­vale améri­caine. Véritable spécia­liste des Masters 1000 sur ciment, 2 titres, 1 finale et 1 demi‐finale sur les 4 derniers disputés, l’Ecossais devra se servir de cette base de lance­ment pour concré­tiser le tir à l’US Open. Finaliste l’année passée, le numéro 3 mondial sera cette fois‐ci l’un des joueurs les plus attendus.

Toujours perfor­mant sur les courts en dur, Novak Djokovic, fina­liste à Miami en mars, et au moins demi‐finaliste ces deux dernières saisons à l’US Open, est un homme fort aux Etats‐Unis. Si ses dernières perfor­mances en Grand Chelem nous ont laissé sur notre faim, Djokovic retrou­vera avec envie le ciment américain.

Les outsi­ders

Il y a trois noms à suivre. Andy Roddick en premier lieu. Blessé à la hanche, l’Américain fait toujours un coup d’éclat lors de l’été à domi­cile. Finaliste homé­rique à Wimbledon, le numéro 5 mondial pour­rait être le joueur surprise de ces prochaines semaines. Autre poin­ture à suivre, Juan Martin Del Potro avait réalisé l’année dernière un été qui l’avait lancé dans une autre dimen­sion, en gagnant quatre tour­nois dont Los Angeles et Washington avant d’at­teindre les quarts de finale à l’US Open et de se quali­fier pour les Masters. L’Argentin revient sur le ciment de ses premiers exploits. Cet hiver, il y avait déjà rappelé sa valeur en battant Nadal à Miami. Dernier homme à suivre, Fernando Verdasco. L’Espagnol sur la lancée de sa victoire en Coupe Davis avait atteint la finale à Brisbane et les demi‐finales à l’Open d’Australie jouant un match inou­bliable contre Nadal, avant de faire deux fois quarts de finale à Indian Wells et Miami, battu par Federer et Murray. Plus perfor­mant sur dur que sur terre battue, Verdasco pour­rait être l’Espagnol en vogue au Etats‐Unis.

Les Français

C’est l’in­connue. Meilleur Tricolore l’année dernière à cette époque de l’année, Gilles Simon est sur une dyna­mique néga­tive depuis quelques mois. Incapable d’en­chaîner les bons résul­tats, malgré un 1/8e de finale à Wimbledon, Simon, toujours 7e mondial, pour­rait dégrin­goler s’il n’as­sure pas quelques résul­tats probants. Absent à Indianapolis où il est tenant du titre, préfé­rant aller à Hambourg, tournoi ATP 500, le numéro 1 fran­çais joue une grosse partie de sa saison à partir d’au­jourd’hui. Jo Wilfried Tsonga, absent l’année dernière de Roland Garros à l’US Open a de gros points à prendre, notam­ment lors des deux Masters 1000. Un été qui pour­rait être très béné­fique pour le Manceau. Gaël Monfils se remet de sa bles­sure au poignet qui l’a privée de Wimbledon. Cependant, la reprise pour­rait être déli­cate, comme pour Richard Gasquet, qui « n’ima­gine pas ne pas être à l’US Open. » Sa suspen­sion étant déjà consumée, l’an­cien numéro 7 mondial pourra jouer libre­ment cet été, là où il a déjà réalisé quelques bons coups, avec une finale en 2006 et un quart l’année dernière au Canada.

Ce n’est pas le flou mais les incer­ti­tudes règnent sur le circuit masculin. Finalement rien de mieux avant d’en­trée dans la jungle américaine.

A propos de l’auteur

Florian Toumit

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.