Mahut, la main verte

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Nicolas Mahut s’offre le doublé. Trois semaines après avoir décroché le premier titre de sa carrière à Den Bosch, le Français réédite l’ex­ploit sur le gazon de Newport. En élimi­nant Lleyton Hewitt en finale du tournoi, 5–7 7–5 6–3, Nico soulève un nouveau trophée cette saison sur gazon. A 31 ans, il semble avoir atteint le sommet de son art et parait ‑enfin‐ épanoui.

Mahut sur gazon : la saison quasi‐parfaite

« Quand vous voulez vrai­ment gagner une finale, tout peut arriver. Je n’ar­rive pas à croire que c’est arrivé ! » Voilà comment le Tricolore a réagi en confé­rence de presse après sa finale remportée à Newport, une belle leçon d’es­poir. Et pour­tant, rien n’était gagné d’avance. « Je n’étais pas disposé à jouer. Je n’avais pas le clas­se­ment pour me quali­fier et je remercie les orga­ni­sa­teurs du tournoi de m’avoir donné une wild card » s’est réjouit Mahut qui a béné­ficié d’une faveur des orga­ni­sa­teurs du tournoi. Sûrement obtenue grâce à sa finale perdue face à Fabrice Santoro, ici à Newport en 2007, 6–4 6–4. Comme a Den Bosch – où il avait dû passer trois tours de quali­fi­ca­tions pour inté­grer le tableau final‑, Nicolas n’est jamais parti favori. Et pour­tant, il a créé la surprise. Affichant une forme olym­pique et un mental d’acier, le Français a su déve­lopper un jeu très solide et propre sur gazon mettant en évidence une tactique bien précise : monter à la volée. Une tech­nique qui lui a donné raison lors de ses deux finales face à Stanislas Wawrinka et Lleyton Hewitt. Bref, Nico a plei­ne­ment réussi sa saison sur la surface et affiche une belle confiance pour la suite. Seul hic, son tournoi de Wimbledon. Il avait été éliminé au deuxième tour par Tommy Robredo, tout de même tête de série numéro 32. Mais au vue de son jeu proposé sur gazon, le Tricolore aurait pu se quali­fier pour le troi­sième tour, histoire d’y affronter un certain… Andy Murray. Peu importe, Nico n’a rien à regretter et réalise une saison excep­tion­nelle sur la surface. La meilleure tout simple­ment. Après son match épique à Wimbledon face à Isner et ses deux titres en un mois, le Français lais­sera défi­ni­ti­ve­ment une trace indé­lé­bile dans l’his­toire du tennis français.

Retour dans le top 100 : objectif réussi

« Il y a un mois, je jouais pour pouvoir disputer les quali­fi­ca­tions de l’US Open, j’étais 240ème mondial avec quelques points à défendre. Un mois plus tard, j’ai deux titres ! » s’ex­cla­mait Nicolas Mahut après sa victoire à Newport. Et c’est bien vrai ! En un mois, le Tricolore a gagné 165 places… Un bond excep­tionnel ! Et dire qu’il y a tout juste six mois, le Français songeait à mettre un terme à sa carrière en raison d’une bles­sure au genou gauche… Imaginez le gâchis ! Son retour éclair dans le top 100 – après neuf mois d’absence‐ lui garantit une place dans le tableau final de l’US Open. Sachant que ses perfor­mances sur le « hard » en 2012 sont un premier tour à l’US Open et un quart à Los Angeles, le Français peut serei­ne­ment envi­sager un top 50 à la fin de la saison. Avec la meilleure progres­sion de la semaine (+52), Mahut devient le deuxième meilleur joueur sur gazon cette saison ‑11 victoires pour une défaite‑, derrière Andy Murray qui compte 12 victoires pour 12 matchs joués. Contrat rempli donc pour le Français qui aura même l’oc­ca­sion de remporter le double messieurs à Newport cet après‐midi en compa­gnie de son ami et compa­triote, Edouard Roger‐Vasselin. Histoire de marquer un peu plus l’his­toire. La dernière fois que cette perfor­mance a été réalisé, c’était en 2012 à Zagreb. Mikhail Youznhy, associé à Marcos Baghdatis avait remporté le double face au duo Dodig‐Pavic, 6–2 6–2, juste après avoir gagné le titre en simple face à Lukas Lacko, 6–2 6–3. Mais qu’est‐ce que Mahut peut espérer pour sa tournée nord‐américaine ? Un troi­sième tour à l’US Open ? Palier que le Tricolore n’a encore jamais atteint en sept parti­ci­pa­tions… Et qui sait ? Peut‐être un troi­sième titre à Los Angeles ou à Washington ? Car comme le dit si bien le proverbe, jamais deux sans trois Nico !

A propos de l’auteur

Julien Wozelka

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.