AccueilATPMansour Bahrami : « Tsonga monte à contre‐temps comme McEnroe »

Mansour Bahrami : « Tsonga monte à contre‐temps comme McEnroe »

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Toujours inté­res­sant l’avis du bon Mansour, socié­taire à la Fédé à l’année et qui croise chaque semaine Jo‐Wilfried dans les chambres à torture de la DTN. Pour GrandChelem et pendant la confé­rence de presse de Tsonga, il est revenu sur la quin­zaine folle de celui qu’il est fier d’avoir surnommé en premier « le Ali du tennis ». C’était il y a 3 ans déjà. On n’est pas d’ac­cord mais si ça lui fait plaisir, on ne refuse rien à un Bahrami. 

On vous a vu il y a 9 mois pendant le tournoi de Monte‐Carlo, et dans la foulée vous avez lancé une petite polémique sur les résultats des Français à Roland Garros, en laissant sous‐entendre qu’on s’entrainait trop sur terre battue et pas assez surface rapide, mais à voir les résultats de Tsonga c’est pas si mal de s’entrainer sur surface rapide. 

Ecoutez, les joueuses et les joueurs fran­çais sont très bien préparés pour toutes les surfaces, et à voir le nombre de nos compa­triotes alignés à l’Open d’Australie, nous sommes désor­mais une grande nation du tennis. Plus personne n’en doute. Et les résul­tats de Tsonga viennent confirmer cet état de fait. 

Mansour, qu’est‐ce qu’il y a de Bahrami chez Tsonga ? 

(Rires) Je trouve qu’il y a cette façon de chauffer le public. Il le fait très bien. 

Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, un mec qui se chope le public en trois secondes 

Oui, c’est vrai. Il donne du plaisir aux gens et les gens le savent et le lui rendent. C’est parfait. 

Alors depuis la semaine dernière, tout le monde fanfaronne sur l’air de « Je le savais », est‐ce que vous, vous sentiez tout ce potentiel ? 

Moi, Jo je le vois tous les jours dans la salle de gym de Roland Garros car je viens 4, 5 jours par semaine. Et on a souvent parlé avec Eric Winogradsky, son coach qui est mon parte­naire de double et qui m’a toujours répété « Il est fort. Il a un très bon tennis ». Mais moi je voyais surtout la frus­ta­tion qu’il avait parce que le pauvre il ne pouvait pas jouer. Il était prêt mais il avait toujours ces bles­sures. Donc ça fait plaisir de le voir comme ça. Il a faim et il prend tout ce qui lui arrive comme du bonus. 

Qu’est‐ce qui lui manque encore ? 

J’ai regardé tous ces matches à la télé. Je pensais qu’il allait perdre contre Youzhny, mais une fois que j’ai vu le match contre le Russe, j’ai dit à tous les gens dans le self‐service de Roland qu’il allait écraser Nadal. 

Pourquoi ?

Parce qu’il a un jeu pour battre Nadal ! Nadal était trop loin derrière sa ligne. Tsonga est rapide, il est impré­vi­sible, on ne voit pas quand il monte au filet. Il est un petit peu comme McEnroe, il arrive au filet tu ne le vois pas parce qu’il montre à contre‐temps sauf qu’il est beau­coup plus puis­sant. McEnroe jouait plus en toucher. C’est comme ça qu’il a perturbé en perma­nence Nadal. 

La différence avec Djokovic, c’est que le Serbe n’a pas reculé 

Oui, non seule­ment il ne recule pas mais il monte au filet alors que Nadal ne monte pas. C’est pour ça que je dis qu’il avait le jeu pour battre Nadal. 

Concernant les volées amorties contre Nadal, je veux bien qu’il soit doué mais à un moment c’était hallucinant. 

Oui il était dans un état de grâce. Il y a des jours où l’on fait ce qu’on veut avec la balle. Il ne regar­dait même pas la balle et ça faisait amortie rétro. Or ça il a essayé de le faire dès les premiers jeux contre Djokovic et ça n’a pas marché. Derrière ça il a trop essayé de jouer les lignes. Il a fait beau­coup plus de fautes qu’au match précédent. 

Aujourd’hui la fédé est très contente d’avoir Tsonga à montrer comme exemple. Est‐ce que l’éclatement des structures entre public et privé, c’est pas finalement en train de tirer le tennis français vers le haut. 

Absolument. Maintenant je suis sûr qu’avec Tsonga, là où il est, ça va… comment on dit ? 

Stimuler

Oui c’est ça, stimuler les autres pour faire aussi bien que lui. Ca ne peut faire que du bien au tennis fran­çais, à Lagardere, Mouratoglou ou à la Fédé. 

Pour revenir sur Eric Winogradsky, vous le connaissez bien, qu’est‐ce qu’il apporte à Tsonga ? 

Eric, il avait une vision et c’est pour ça qu’il ne pas lâché. Il me répé­tait vrai­ment « Quand il sera en bonne santé, vous allez voir comment il va jouer ». Il avait la foi. Je suis content pour les deux et j’es­père qu’ils iront encore plus loin.

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