Moretton : « La soli­dité du GPTL est unique »

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L’ancien tennisman profes­sionnel, 80ème mondial dans les années 80 et président du tournoi de Lyon depuis sa créa­tion en 1987 nous a reçu pour un très long entre­tien en tête à tête. Extraits.

Voici donc pour les lecteurs de WLT quelques extraits de notre rencontre avec Gilles Moretton. Vous retrou­verez la suite de l’en­tre­tien dans le n°10 de « GrandChelem », qui paraîtra début décembre sur le thème Bleu‐Blanc‐Rouge de la France qui gagne ! 

Sous ses faux‐airs de Claude Lelouch, le direc­teur du tournoi de Lyon ne fait pas de cinéma, et n’a pas la langue dans sa poche.

Gilles, quel est le secret de la réus­site et longé­vité du tournoi de Lyon ?

Et bien, le secret de la réus­site c’est le sérieux. Lyon est toujours resté à sa place. En France on a des problèmes de riches pour le tennis. Nous dispo­sons d’un Grand Chelem, de deux Masters Series en comp­tant Monte‐Carlo, trois grands prix à Marseille, Metz et Lyon. A Lyon, on ne cherche pas à jouer au‐delà de notre rôle, de nos possi­bi­lités. On pouvait par exemple passer en 500 (Nouvelle appel­la­tion de l’ATP). Au niveau écono­mique et infra­struc­tures, ce sont des choses réali­sables. mais on n’a aucune chance de l’ob­tenir. Je remarque que pour cette 22ème édition du tournoi, on a un tableau final de grande qualité, avec 14 Français, 8 anciens vain­queurs du tournoi, des top 10 avec Roddick et Simon. Il suffit de voir les matches du premier tour pour s’en convaincre.

Mais les gens, le public regrette l’ab­sence des grandes stars du tennis, comme Nadal, Federer, non ?

L’absence de top 10, c’est une ques­tion qu’on me pose souvent. Mais il faut être réaliste. Je l’ai toujours dit, et le répète, on n’aura jamais les trois ou quatre meilleurs mondiaux ENSEMBLE. C’est impos­sible. Par contre, on essaie, et je vous promets qu’on y arri­vera, on peut avoir à l’avenir des Federer, des Nadal, des Djokovic, comme on a eu par le passé yannick Noah, McEnroe, Sampras, Kafelnikov ou Corretja.

Quand tu dis à l’avenir, tu penses à 2009 ?

Oui, le calen­drier sera déjà plus pratique l’année prochaine. Pendant des années, le Grand Prix de tennis de Lyon était idéa­le­ment placé pour la fin de saison des joueurs, qui se prépa­raient sur notre surface avant d’aller jouer à Bercy (NDLR : les surfaces étaient iden­tiques !). Mais depuis quelques années, on est coincé entre le Masters Series de Madrid et celui de Bercy, les joueurs sont fati­gués, ils profitent souvent de cette semaine pour se reposer, car les saisons sont longues et épui­santes. Le fait qu’en 2009 Madrid soit au mois de Mai va nous faire un bien fou. En plus, au niveau des inves­tis­se­ments, on progresse aussi très vite. Regardez l’exemple de Valence. Cette ville qui a construit un circuit de F1, qui a crée de toutes pièces un central et une salle pour le tennis. Valence vient de nulle part, mais avec des inves­tis­se­ments mons­trueux, ils auront leur tournoi ATP l’année prochaine. On est obligé de suivre le rythme de toute façon. et Lyon est l’un des tour­nois les plus solides écono­mi­que­ment que je connaisse, et déve­loppe son attraction. 

A propos de l’auteur

Mehdi Badakhch

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.