Le célèbre « Big Four », on devrait même aujourd’hui parler de « Big Five » avec Stan Wawrinka, n’est pas rassasié. Si aujourd’hui Milos Raonic, Kei Nishikori et Grigor Dimitrov étaient appelés à prendre la relève, force est de constater qu’ils n’y parviennent pas. La plus jeune génération semble nourrir moins de complexe et pourrait s’installer au sommet de la hiérarchie. La mi‐saison est l’occasion parfaite de faire un premier bilan.
Souvenez‐vous : il y a un an, Grigor Dimitrov et Milos Raonic disputaient les demi‐finales de Wimbledon. Les deux joueurs avaient été battus respectivement par Novak Djokovic et Roger Federer. Kei Nishikori allait faire mieux quelques semaines plus tard en atteignant la finale de l’US Open. Depuis, les trois ont du mal à confirmer les espoirs placés en eux dans les Grands Chelems. La faute à ce « Big Four », voire « Big Five » pas prêt à laisser sa place et un Novak Djokovic en domination totale du tennis mondial. Leurs résultats 2015 sont même assez décevants : Milos Raonic (Melbourne) et Kei Nishikori (Melbourne et Roland‐Garros) se sont hissés en quarts de finale des Majeurs. Grigor Dimitrov en est le symbole, le paroxysme. Celui que l’on surnommait « BabyFed » devait conduire cette nouvelle vague. Après six mois galère, il n’en est rien. Le Bulgare s’est même séparé de Roger Rasheed.
L’avenir passerait‐elle par Coric, Zverev, Rublev ou Kokkinakis ?
Et à force d’attendre l’éclosion avec un premier grand titre (Grigor Dimitrov et Milos Raonic sont âgés de 24 ans, Kei Nishikori en a 25), une nouvelle génération pousse. Et ne cesse de grandir. On pense bien évidemment à Borna Coric, Andrey Rublev, Alexander Zverev, Thanasi Kokkinakis ou Nick Kyrgios (les spécial’s K Aussies). Tous possèdent un caractère bien trempé. L’ATP l’a bien compris et mise beaucoup sur cette génération pour les années à venir. Les organisateurs des tournois en sont bien conscients et n’hésitent pas à leur accorder des wild‐cards comme c’est le cas pour Rublev à Gstaad la semaine prochaine ou Zverev qui sera présent à Metz en septembre prochain comme nous le confie Julien Boutter dans GrandChelem 47.
Une génération décomplexée
Une génération décomplexée pour la majorité des observateurs. Borna Coric (1996) mène cette belle troupe et peut désormais lorgner sur une place de tête de série à l’US Open. Le prodige croate pointe au 36eme rang mondial et reste celui qui a signé les plus belles performances : après Rafael Nadal à Bâle, il s’est offert le scalpe d’Andy Murray à Dubaï cette année. Thanasi Kokkinakis, de la même année, suit en étant 72eme. Alexander Zverev (123eme) et Andrey Rublev (190eme), de l’année 1997, espèrent intégrer le top 100. Le Russe a marqué les esprits en devenant le héros de son pays le week‐end dernier en Coupe Davis en apportant le point décisif face à l’Espagne à seulement 17 ans !
Et la précocité n’a plus de limite. On en parle car cette semaine un joueur de 14 ans fait du bruit dans le monde de la petite balle jaune. Le Canadien, Felix Auger‐Aliassime, est devenu le plus jeune joueur à remporter un match sur le circuit Challenger. Quelques jours après le Frenchie, Rayane Roumane (également âgé de 14 ans), demi‐finaliste sur le Future de Saint‐Gervais, on assiste à un phénomène assez rare finalement tant il est devenu compliqué de s’installer au plus haut niveau jeune. La longévité des plus grands en est la preuve ultime, d’autant plus que tout ce beau débute le plus difficile, la confirmation. Pour ne pas finir en espoir déchu…
Publié le mercredi 22 juillet 2015 à 19:00



