Panatta (à propos de Federer) : « Beaucoup de gens m’ont critiqué, mais je n’en ai rien à faire. Je le répète, lorsque Federer a pris sa retraite, le tennis a pris fin »

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Connu pour son franc‐parler, Adriano Panatta n’a pas eu de mal à tran­cher dans le débat du GOAT, lors d’une inter­view accordée à Sky Sports. L’Italien, qui a égale­ment évoqué la finale de Wimbledon 2019 entre Novak Djokovic et Roger Federer, parle de la retraite du Suisse avec des mots forts. 

« Cette évalua­tion dépend de la personne qui effectue ce clas­se­ment. Je suis de ceux qui regardent davan­tage la beauté, le charme d’un joueur lors­qu’il est sur le terrain. D’autres, qui sont un peu plus matheux, regardent les victoires. Je n’ai jamais été très friand de statis­tiques, depuis qu’elles ont été inven­tées. Il y a donc des joueurs qui, statis­ti­que­ment, ont gagné plus que lui, mais je ne pense pas qu’aucun d’entre eux restera dans les mémoires comme Federer. Puis le temps efface tout : si vous demandez à des enfants qui jouent au tennis aujourd’hui qui est Rod Laver, ils sauront à peine qui il est. Pourtant, il a réalisé deux Grand Chelem calen­daire : une perfor­mance qui n’a peut‐être pas été répétée, du moins jusqu’à aujourd’hui. Il faudrait donc dire que Laver était le plus grand, mais il a joué prati­que­ment jusqu’en 1968. Je dis que dans l’ère moderne, Roger Federer est le joueur qui repré­sente le tennis ; c’est pour­quoi j’ai écrit : ‘non pas Federer a pris sa retraite, mais le tennis a pris sa retraite’. Beaucoup de gens m’ont critiqué, mais je n’en ai rien à faire. Je le répète, lorsque Federer a pris sa retraite, le tennis a pris fin ».

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.