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Pouille sur un tremplin

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Lucas Pouille est aux anges. Depuis sa victoire dans le match 5 en finale de la Coupe Davis, le Nordiste ne cesse de donner des inter­views et d’af­firmer que c’est le plus beau moment de sa carrière. Logique lors­qu’on a seule­ment 23 ans et qu’on ne compte que 4 titres sur le circuit ATP. Cette victoire libé­ra­trice peut‐il lui permettre de confirmer au plus haut niveau et sur la durée ? Le tennis fran­çais n’at­tend que cela.

Rappelez‐vous, c’était le 5 septembre 2016 à l’US Open et Lucas Pouille venait à bout de Rafael Nadal après un match de toute beauté en cinq sets. Mis à part un niveau de jeu impres­sion­nant et constant, c’est surtout la menta­lité du Nordiste qui avait frappé le monde du tennis ce jour‐là. Mené d’un break au début de l’ul­time set, le Tricolore avait fait preuve d’un incroyable sang froid pour remporter un match qui ne lui était pas destiné. Un peu plus d’un an plus tard, le 18ème joueur mondial devient l’homme qui apporte le point décisif pour la dixième Coupe Davis de son pays. Une belle progres­sion quand on sait que le protégé d’Emmanuel Planque a parfois eu du mal à assumer la pres­sion (trop impor­tante?). Auteur d’une saison convain­cante (3 titres sur 3 surfaces diffé­rentes dont 1 ATP 500), Lucas sait qu’on l’at­tend au tour­nant sur les grands évène­ments et notam­ment à Roland Garros. Forfait cette année à la Porte d’Auteuil, il n’a pas parti­cu­liè­re­ment brillé sur les trois autres Grands Chelems où il a été éliminé d’entrée en Australie par le jeune Bublik ou encore au deuxième tour par Janowicz sur le gazon londo­nien. Sa défaite en huitièmes de finale de l’US Open face à Schwartzman était un peu plus logique tant le petit argentin marchait sur l’eau à cette période.

La constance sera la clé

Lucas Pouille a le mérite d’être un garçon lucide et réaliste. Il le sait, malgré ses 3 titres en 2017 et cette fin d’année en trombe, sa saison n’a pas été d’une constance incroyable. Parfois défait par des adver­saires bien infé­rieur à lui, il devra apprendre à gérer la pres­sion qui va l’en­tourer tout au long de sa carrière. Et cette dernière risque de s’in­ten­si­fier quand les tren­te­naires (Tsonga, Simon, Mahut, Benneteau, Gasquet) auront raccroché. « Gagner des matches avec autant d’at­tentes, autant de pres­sion, c’est la preuve que j’ai un peu plus de matu­rité. J’ai réussi à faire un grand chemin pour progresser. Il faut que je m’en serve et que je devienne plus constant. Le bilan de ma saison ? Il est toujours mitigé même si ça se termine en apothéose avec le plus grand titre de ma carrière par équipes. Mais il y a eu trop de hauts et de bas. Pas assez de constance pour que ce soit une saison satis­fai­sante. » Avec cette victoire en Coupe Davis, Lucas Pouille a l’op­por­tu­nité de s’af­firmer comme un des joueurs phares du circuit pour les dix prochaines années. La tâche ne sera pas simple et le chemin semé d’embûches mais le Nordiste a clai­re­ment le poten­tiel pour y arriver et ce titre ne peut être qu’un trem­plin vers d’autres sommets.