Pour Schwartzman et Pella, l’ATP ne respecte pas les joueurs sud‐américains

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Il y a quelques semaines de cela, Weller Evans est devenu le nouveau repré­sen­tant inté­ri­maire de l’Amérique au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’ATP. Élu aux dépens de Nicolas Lapentti, cette nouvelle figure exécu­tive a provoqué les montées au créneau de Diego Schwartzman et Guido Pella dans un repor­tage de La Nacion. Ils déplorent l’iné­ga­lité de trai­te­ment entre Amérique du Nord et Amérique du Sud au sein de l’ATP. 

Selon le récent quart‐de‐finaliste à Wimbledon, le conseil admi­nis­tratif de l’ATP est loin d’être repré­sen­tatif : « Mes années sur le circuit m’ont enseigné une chose : l’Europe et les États‐Unis ont le plus grand pouvoir de déci­sion. Pourquoi ? Je ne sais pas ». L’Argentin s’est égale­ment exprimé sur l’élec­tion de Weller Evans, et plus globa­le­ment sur le profil qui doit repré­senter les joueurs : « La personne qui nous repré­sente doit avoir de l’ex­pé­rience dans le tennis, connaître les besoins des joueurs. Au‐delà de l’amé­lio­ra­tion du prize‐money, des infra­struc­tures et des plus grands tour­nois, il en faut plus. L’ATP a besoin de repré­sen­tants qui ont l’ex­pé­rience de l’in­té­rieur, pas seule­ment le regard de l’en­tre­prise, car cela ne sert pas le côté sportif. »

Guido Pella s’at­taque égale­ment au patron de l’ATP, Chris Kermode, dont les fonc­tions pren­dront fin à l’issue de la saison 2019. « Il ne saluait que Roger Federer, Novak Djokovic, Rafael Nadal et Stan Wawrinka dans les vestiaires à Wimbledon. Je ne l’ai jamais vu parler à un joueur du top 50. L’ATP te fait sentir que tu ne fais pas partie du circuit, et je le dis aujourd’hui, après avoir atteint mon meilleur clas­se­ment. Être latino‐américain te donne l’im­pres­sion que ton opinion de vaut rien » dénonce le 24e joueur mondial.

Même son de cloche chez Diego Schwartzman, criti­quant Justin Gimelstob, ancien titu­laire au board de l’ATP : « Gimelstob, de toute sa vie, a dû dire trois ou quatre fois « bonjour » à un joueur sud‐américain. C’était notre repré­sen­tant et il ne nous parlait pas, il ne connais­sait pas nos noms, il ne me repré­sente en rien. Je trouve cela honteux. L’autre, (Weller Evans), je ne sais même pas qui il est, je ne connais pas son visage. »

A propos de l’auteur

Maxime Perriot

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.