Il y a 10 ans, Roger Federer remportait à Brest le premier et dernier challenger de sa carrière. Le Suisse est revenu pour le quotidien breton Le Télégramme sur cet évènement qu’il l’a visiblement marqué. Il a également évoqué la nouvelle saison qui débutera pour lui dans quelques heures à Abu Dhabi face à Robin Soderling. Extraits.
Il y a dix ans, vous remportiez le tournoi Challenger de Brest. Vous en souvenez‐vous ?
Oui, quand même. C’est le seul Challenger que j’ai gagné dans ma carrière. Je me souviens, c’était en fin de saison. J’avais commencé l’année vers les 300 mondiaux et j’avais fini dans les 100. C’était une superbe année. […] C’était sympa de l’avoir joué.
Quelle valeur a ce titre pour vous aujourd’hui ?
Je pense qu’il est plus important pour moi que pour les médias par exemple. Les médias, ils oublient vite malheureusement, surtout avec tous les succès que j’ai eus après. Mais quand même, il a fallu commencer par jouer des petits tournois, même si Brest était un très grand Challenger. Sur le coup, quand tu gagnes, c’est un très grand moment que tu gardes pour toujours. C’est presque au début de ta carrière que tu vis les choses les plus dramatiques, parce que tu veux tellement bien faire, tu veux tellement entrer dans le Top 100, tu veux montrer qui tu es, à quel point tu peux bien jouer au tennis… Alors, pour un jeune joueur, gagner un Challenger comme ça, c’est super important. […]
A l’issue de la finale, vous aviez déclaré : « Il ne faut pas se fixer de buts trop hauts ». C’était une façon de vous protéger, ou vous imaginiez vraiment que ce serait très difficile d’atteindre les sommets ?
Bon, en 1999, j’étais le plus jeune dans le Top 100 à 18 ans et quelques mois. J’étais déjà quand même un peu en avance. […] Donc, je savais que je pouvais battre les meilleurs et que je pouvais viser haut. Mais j’ai vu tout de suite que la presse aimait bien me mettre la pression car beaucoup d’experts disaient que j’avais un talent extraordinaire et que j’étais le futur n°1 mondial. J’ai toujours trouvé ça pas trop ? fair ? (juste). J’ai toujours essayé de calmer les choses parce que j’ai vu à quel point il était difficile de gagner des tournois ou de dominer un sport. Mais c’est vrai qu’après avoir fini n°1 mondial chez les juniors en 1998, mon rêve était de devenir n°1 mondial et de gagner Wimbledon.
Dix ans ont passé depuis Brest. Serez‐vous encore sur les courts dans dix ans ?
Je ne sais pas. Ça dépend beaucoup de la façon dont mon corps va gérer les matchs, les voyages. De la manière dont mon mental va gérer tout ça. Mais l’envie de jouer le plus longtemps possible est là. Dans dix ans, j’aurai 38 ans. Honnêtement, ce n’est pas quelque chose de super impossible. Pour moi, la deuxième mi‐temps vient de commencer. Et je ne sais pas quand elle va se terminer. […]
Comment imaginez‐vous la saison 2010 ?
Je pense que ça va être très intéressant, avec beaucoup de joueurs de caractère à la bagarre, notamment les Français comme Monfils qui a super bien joué à Bercy, ou Tsonga qui a raté de peu sa place au Masters. Moi, bien sûr, je vais me concentrer sur les grands événements. Si je suis en forme physiquement, je n’aurai pas peur. Je serai capable de très bien jouer.
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Publié le vendredi 1 janvier 2010 à 10:32



