« Si demain, Sinner et Alcaraz jouent un double ensemble, tout le monde ira les voir plutôt que deux tops 20 en simple. Les gens préfèrent même voir l’en­traî­ne­ment de Jannik qu’un match entre le 50e et le 80e mondial », affirme Sadio Doumbia

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Alors que l’ATP envi­sa­ge­rait une réforme lais­sant moins de place au double, avec notam­ment une baisse des prize money, Julien Boutter, direc­teur du Moselle Open, n’avait pas hésité à détruire les spécia­listes de la disci­pline : « C’est un emploi fictif. Ça joue −2÷6, −4÷6. Tu ne peux pas jouer à ce niveau et gagner 400 ou 500 000 dollars par an. Ce n’est pas possible. »

Le Français Sadio Doumbia, 23e mondial en double, lui a répondu dans une inter­view accordée à L’Equipe.

« Aujourd’hui, ce qui fait vendre, ce sont les top joueurs, Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, ou les joueurs du pays où se dispute le tournoi. Et aussi le lieu. À Roland‐Garros ou à Wimbledon, tu viens aussi pour l’en­droit, et les tribunes sont toutes pleines. Donc ce qui rapporte de l’argent, c’est le lieu et les stars. Si demain, Sinner et Alcaraz jouent un double ensemble, tout le monde ira les voir plutôt que deux tops 20 en simple. Il y a une hyper­sta­ri­fi­ca­tion. Les gens préfèrent voir l’en­traî­ne­ment de Sinner qu’un match entre le 50e et le 80e mondial. On est fascinés par les stars. Le problème ce n’est pas le double, c’est le manque de stars en double. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.