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Un trône exigeant

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« J’en suis sorti brisé ». C’est par ces mots que Pete Sampras décrit la fin de son règne à la 1ère place mondiale. D’autres ont occupé ce rang, mais à quel prix ? « Le Temps » nous offre sur son site Internet un magnifique document intitulé : « Numéro 1 : A qui profitent les cimes ? »

Rafael Nadal est le 24ème joueur à occuper le premier rang du classement ATP. Plus qu’un honneur ou distinction, cette place tant convoité engendre également de sacrés contre-coup.
Et qui pour mieux en parler que des joueurs ayant dejà occupé ce rang ?

Roger Federer : « Depuis quatre ans, je suis supposé tout gagner, sauf les tournois de terre battue où Nadal est inscrit. J’ai créé un monstre. Aujourd’hui, la pression change d’épaules. Nous verrons comment Rafa la gérera et, surtout, comment il la supportera. Les foules seront davantage derrière moi. Quand j’étais favori, elles prenaient souvent la défense du faible. »

Pete Sampras :
« A vouloir rester numéro un à tout prix, je me suis consumé. Pour défendre ce statut pendant six ans, il faut manger, dormir et respirer en pensant au tennis. Rien d’autre n’existe. D’une certaine manière, j’en suis sorti brisé. Physiquement mais, surtout, mentalement. Je ne pourrais plus recommencer. »

Jim Courier :
« Lorsque j’étais numéro un, je vivais dans le même état que Pete. Je ne pensais qu’à défendre mon rang, j’étais impliqué corps et âme. Dans cette bulle, rien ne pouvait m’atteindre… sauf une défaite. Le jour où j’ai perdu ma place, j’ai ressenti un vide terrible. Peu à peu, j’ai redécouvert d’autres plaisirs. Je ne pourrais pas revivre comme avant, jamais. Moi, j’ai de l’appétit pour la vie, la vraie vie. Or, pour rivaliser avec Pete, ou pour égaler le génie d’un Federer, on n’a pas le droit de vivre. »

Marat Safin : « Une fois numéro un, j’ai commencé à gamberger, à me demander ce qu’il y avait après le rêve. Quand Gustavo Kuerten a ravi ma place, j’ai eu un contrecoup violent. J’ai mis des mois à l’accepter et, sincèrement, je crois que je n’en suis toujours pas remis. Je déteste perdre. Je n’ai jamais réussi à me pardonner de mal jouer. Si je ne redeviens pas numéro un, je ne serai jamais en paix avec moi-même. »

Carlos Moya : « A trop jouer pour accumuler des points, je me suis cassé. Comme Marcelo Rios, comme d’autres N°1 avant nous. Il faut comprendre l’accomplissement que représente cette place. Tu joues pour défendre ton privilège et en être digne. Tu t’accroches, tu t’obstines. Tu es programmé sur le central aux heures de grande affluence, et tout le monde veut t’avoir à son cocktail ou dans son journal. »

Gustavo Kuerten : « Ce statut implique des changements insoupçonnés. Sur tous les terrains du monde, le numéro un mondial est l’homme à abattre. En dehors, sa notoriété est infernale à vivre. »

Lleyton Hewitt : « Quand j’ai perdu mon leadership, j’ai pu enfin respirer. »

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