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Kyrgios, enfant terrible ou bouffon ?


Crédit Photos Chryslène Caillaud

Hier, nous avons vécu une journée presque historique. Les joutes verbales entre Nick Kyrgios et Rafael Nadal nous ont rappelés celles plus vintage entre Jimmy Connors et John McEnroe. Seul petit souci, et non des moindres, aujourd'hui il existe les réseaux sociaux. Et c'est là que ce type d'affaire prend une ampleur particulière.

Plus de 80 commentaires sur notre compte Facebook et une véritable déferlante entre ceux qui prônent le respect et la dignité et les autres, qui pensent que Nick Kyrgios est fascinant, qu'il fait du bien au monde du tennis trop aseptisé. Difficile de se prononcer tant le personnage est complexe, malin et quelques fois sensible. Après, il y a la vérité du terrain, et sur le court, l'Australien vit une semaine plutôt éclatante sous le soleil mexicain puisqu'il est qualifié pour les demi-finales après avoir éliminé cette nuit Stan Wawrinka.

Une chose est sure, il n'aurait pas eu de tels propos s'il avait joué Roger. A ce sujet, on se rappelle tous, les révérences faites au champion suisse lors de leur duel cet été à l'US Open. Bref, Nick Kyrgios ne ressemble à personne d'autres, c'est d'ailleurs ce qu'il a expliqué pour justifier son comportement : "Je suis différent." Différent sur et en dehors du court avec des prises de paroles souvent limites, et des coups de génie qui peuvent friser l'insolence, mieux l'arrogance. Alors enfant terrible ou bouffon ? Comme la vérité du sport est aussi celle des trophées, on fera les comptes quand il décidera de mettre sa carrière au placard. Pour l'instant, l'Australien est loin du compte avec quatre titres sur le circuit et deux quarts de finale en Grand Chelem.

Pour clore le chapitre qui ne se refermera jamais, il nous semble obligatoire de vous raconter une anecdote. Elle date de 2017. L'Open Parc Auvergne-Rhône-Alpes de Lyon fête sa première édition et Nick Kyrgios fait partie du plateau. Alors que j'attends un ami dans le hall de l'hôtel des joueurs, j'entends que le grand Nick veut visiter la ville. Soucieux qu'il puisse bien profiter de la Capitale des Gaules, je m'approche donc de lui pour lui parler et lui indiquer quelques bonnes adresses. Très vite, rien qu'à son regard et sa fin de non recevoir, je comprends que le natif de Canberra n'a besoin de personne et surtout pas d'un petit french inconnu. Quelques instants plus tard, c'est Juan Martin Del Potro, gourde sur l'épaule qui se présenta au desk de l'hôtel. Ayant peur de me prendre à nouveau un vent, je laissais l'Argentin partir à pied avec sa gourde à l'épaule. Mon fils le retrouvait par hasard à l'arrêt de bus direction le centre ville quelques minutes, et Del Po lui offrait un selfie mémorable.