Le blog de la rédac'
L'orgueil de Federer



Il y a eu plusieurs matchs dans le match entre Roger Federer et Gaël Monfils, mais ce qu'il faut retenir c'est la capacité du Suisse à se faire mal, inventer, prendre des risques. Un grand champion, c'est aussi celui qui oublie le score pour donner le meilleur de lui-même. Et le meilleur chez le Suisse, c'est quand il pousse vers l'avant. Alors on pourra toujours dire qu'il aurait pu tomber car il a sauvé deux balles de matchs mais au final et le tie-break le prouve, Federer a eu cette réaction d'orgueil, celle du grand champion qu'il est. Il est parti à l'assaut, à l'abordage et ça a payé.

En face, Gaël nous a fait du Gaël. Un temps hyper concentré, un temps plaisantant avec les spectateurs. Le Suisse lui a compris avec un break de retard dans la deuxième manche qu'il devait réagir, proposer quelque chose, tenter, pour ne pas avoir de regrets. C'est ce qu'il a fait avec brio, en mettant un vraie intensité dans ses frappes, même s'il y a eu beaucoup de déchets en coup droit notamment. Il reste qu'il a confirmé que sa saison sur terre était celle du plaisir, celui d'essayer de maitriser cette surface d'anthologie et ce fut un vrai plaisir pour les yeux de le voir ainsi, offensif, enchaînant les services volées.

Encore une fois, il a donné une leçon d'humilité et si l'accolade entre les deux hommes étaient sympathiques, au fond de lui même, Roger Federer savait aussi que c'est encore une fois son estime de soi qui a fait la différence. Son envie aussi et sa capacité créative, trois qualités qui manquent encore souvent au Tricolore quand il s'agit d'avoir rendez-vous avec l'histoire. Ce match va compter, en somme, la "Monf" ne pouvait pas mieux lancer le Suisse dans sa conquête terrienne, on ne va pas s'en plaindre.