Accueil Challenger

Chardy : « En Challenger, on retrouve un esprit club »

Toujours aussi agréable et souriant, Jérémy Chardy a accepté de se livrer sur le circuit Challenger. Le Palois, qui sera l’une têtes d’af­fiche de l’Open du Pays d’Aix‐Trophée Caisse d’Epargne (150 000 ) cette semaine, apprécie l’am­biance qui y règne. Entretien.

Jérémy, toi qui possèdes une riche et belle expé­rience du plus haut niveau, quel regard portes‐tu sur le circuit Challenger ?

L’ATP a fait de gros efforts afin d’améliorer le circuit Challenger. Les tour­nois se sont eux aussi déve­loppés. En France, on le dit souvent mais je tiens à le répéter, les tour­nois sont très bien orga­nisés, ce qui n’est pas le cas partout. Tous les Challengers ont donc évolué au point de devenir presque des « ATP » que ce soit dans l’organisation ou les structures.

Quelles sont les amélio­ra­tions encore possibles ?

Le prize money est évidem­ment quelque chose d’important. On évolue au sein d’un sport profes­sionnel et si on n’est pas dans les 80 premiers mondiaux, c’est diffi­cile d’en vivre, alors que si tu es dans 60 ou 80 meilleurs joueurs de foot­ball au monde, tu gagnes beau­coup d’argent (rires). Il existe un gros contraste. Maintenant, c’est aussi diffi­cile pour les tour­nois de trouver plus d’argent : les délais sont souvent très courts et les recettes sont moindres. Néanmoins, le prize money des Challengers a déjà bien augmenté, c’est le cas d’Aix-en-Provence (150 000 , caté­gorie la plus haute et le seul en Europe). Au‐delà des Challengers, la plus grosse amélio­ra­tion doit concerner les Futures. Quand tu commences le circuit, tu débutes par les Futures. Tu es à un moment diffi­cile de ta carrière où tu essaies de devenir joueur profes­sionnel : ça coûte cher et disputer des tour­nois te coûte même de l’argent…

En tant que joueur, est‐on attentif à ces diffé­rents problèmes ?

Les tour­nois ont besoin de nous et on a besoin d’eux. C’est un jeu « gagnant‐gagnant » où il ne faut pas voir unique­ment son côté personnel. Il est forcé­ment néces­saire de faire un compromis. Il faut comprendre les direc­teurs de tournoi et leurs problé­ma­tiques. Cela fait main­te­nant quelques années que je suis sur le circuit et j’en connais plusieurs et quand je discute avec eux, ce n’est pas toujours facile.

On s’aperçoit aussi que le format Challenger plaît en France. Il existe donc la possi­bi­lité de se faire un beau circuit…

On a beau­coup de chance en France car la plupart des grandes villes sont spor­tives et les grosses entre­prises ont envie de déve­lopper les acti­vités locales comme le sport. Ce sont elles qui mettent de l’argent et permettent aux tour­nois fran­çais d’exister et d’avoir une aussi bonne répu­ta­tion. On peut compter aussi sur la présence de nombreux béné­voles car beau­coup de tour­nois se déroulent dans des clubs. Les gens connaissent le tennis, ils sont passionnés et eux‐mêmes jouent, ce qui faci­lite énor­mé­ment l’organisation.

Et ça plaît de retrouver cette ambiance club ?

Effectivement, en Challenger, c’est souvent une ambiance fami­liale et convi­viale. La plupart de nos Challengers se déroulent dans des clubs, ce qui est le cas d’Aix-en-Provence. Quand tu es joueur, c’est souvent les tour­nois les plus agréables car il existe une réelle dyna­mique avec les adhé­rents et les personnes qui y travaillent. On retrouve un esprit club. On est souvent seul quand on est sur le circuit, alors avoir une telle atmo­sphère fait du bien. Ça nous rappelle nos tour­nois de clubs dans notre jeunesse (sourire).

Après une saison diffi­cile, comment appréhendes‐tu le fait d’avoir reculé au clas­se­ment et donc de repasser par les Challengers ?

Les Challengers auxquels je parti­cipe sont des gros tour­nois, presque équi­valent à des ATP, y compris concer­nant les joueurs. Comme à Aix, les tableaux sont très inté­res­sants et denses. Ça fait partie du métier, je dois repartir par là afin de rega­gner des matchs et ma place au clas­se­ment. C’est parfait pour ma prépa­ra­tion en vue de Roland Garros. Plus je joue des matchs, plus j’en gagne et mieux ce sera pour Roland Garros. Le but est d’arriver en confiance avec le plus de victoires. Je suis content de mon programme avec Aix et Bordeaux, qui sera parti­cu­lier puis­qu’il se déroule dans mon club. Je suis vrai­ment content de venir à Aix. Je connais bien Arnaud (Clément), le direc­teur du tournoi, mais aussi des personnes dans l’organisation. Et c’est la première fois de ma vie que je viens à Aix, alors j’ai hâte de décou­vrir la ville.

Alors auras‐tu le temps de profiter ?

C’est toujours diffi­cile de profiter vrai­ment à fond, mais j’aime bien me balader et décou­vrir les villes et endroits typiques où je vais. Et j’adore les restau­rants (rire) !

A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.