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Arnaud Clément : « Aucun match n’est gagné à l’avance »

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Interrogé à Melbourne par nos confrères de la Fédération, Arnaud Clément a expliqué ses choix pour sa première en Coupe Davis.

Pouvez‐vous commenter vos choix ?
J’ai eu de bons « problèmes » si on peut dire, ici, à Melbourne ! Il y a énor­mé­ment de Français en pleine forme et il y a eu beau­coup de bons résul­tats, avec quatre joueurs en huitièmes de finale aujourd’hui. « Jo » (Tsonga) est en quart et il est 8e au clas­se­ment ATP. Richard (Gasquet) figure, lui aussi, dans le Top 10 mondial. Il a perdu face à Jo en huitième, mais malgré cela, il a vrai­ment réussi son Open d’Australie.
J’ai choisi égale­ment Michaël Llodra, d’une part pour son expé­rience de la compé­ti­tion, mais égale­ment pour sa forme du moment. Il n’a pas gagné de matches en simple à Melbourne, à cause d’un tirage au sort pas très sympa (NDLR : défaite face à Tsonga au premier tour), et en double, il a joué de malchance puisque Nicolas Mahut s’est blessé et qu’ils ont dû aban­donner. Sans cette bles­sure, je pense qu’ils auraient pu aller loin et sur ce que j’ai vu, « Mika » était vrai­ment en forme. De son côté, Julien Benneteau a montré de très belles choses en début de saison, avec sa demi‐finale à Sydney. Et ici, à Melbourne, il perd en cinq set au troi­sième tour face à un Top 10 (NDLR : Janko Tipsarevic). Enfin, Jérémy Chardy a enchaîné de gros matches, d’où mon choix. Je me suis bien sûr posé des ques­tions par rapport à Gilles Simon, qui est 16e mondial et qui était lui aussi en huitième de finale ici en Australie. Son fond de jeu est très solide, mais j’avais vrai­ment des incer­ti­tudes quant à son physique. Il a eu pas mal de pépins et j’ai donc décidé de ne pas le retenir sur cette rencontre. Il reste l’un des joueurs sur lesquels je compte sur cette campagne.

La France part large­ment favo­rite de cette rencontre sur le papier. Comment comptez‐vous main­tenir vos joueurs en « éveil » ?
J’ai cette expé­rience, et les joueurs l’ont aussi, de savoir qu’aucun match n’est gagné à l’avance. Même si on est favoris sur le papier, on sait qu’en face l’équipe d’Israël aime la Coupe Davis et s’arrache à chaque rencontre pour défendre ses couleurs. Tous les joueurs israé­liens ont pour habi­tude de se donner à fond. On ne gagne pas des matches de tennis grâce au clas­se­ment sur le papier. Il faut être meilleur le jour J. Je suis très axé là‐dessus, sur la prépa­ra­tion, sur la concen­tra­tion. Et je suis sûr qu’aujourd’hui, mon équipe a cette expé­rience. Mon rôle est de leur rappeler, mais je suis persuadé que tous mes joueurs en sont très conscients.

Pensez‐vous qu’il s’agit d’un match piège ?
Pour moi, c’est un match, voilà tout. Il s’agit d’un premier tour de Coupe Davis, dans le groupe mondial. Et si on ne gagne pas ce premier tour, on ne sera pas au deuxième ! On a vu à Melbourne que les joueurs fran­çais étaient très en forme mais, une fois encore, on sait que la Coupe Davis est une compé­ti­tion à part et qu’il faudra vrai­ment prendre les matches très au sérieux pour les gagner. Les Israéliens ont eux aussi remporté quelques matches ici, en simple comme en double. Ils sont en confiance. Il faudra être très vigi­lants de notre côté. Et on le sera.

La France possède aujourd’hui trois membres du Top 20. Estimez‐vous avoir les joueurs, l’équipe, pour remporter la Coupe Davis dès cette année ?
On sait qu’il faut gagner rencontre après rencontre, mais mon objectif en tant que capi­taine, comme l’objectif des joueurs, est de remporter cette compé­ti­tion. On a disputé une finale il n’y a pas long­temps (2010), puis une demi‐finale (2011). On sait qu’il y a d’énormes équipes en face comme l’Espagne, la Serbie, la République tchèque ou encore les Etats‐Unis. Mais on fait partie de ces équipes qui poten­tiel­le­ment peuvent gagner l’épreuve. Ce sera dur, mais on ne s’en cache pas : c’est notre objectif. »

A propos de l’auteur

Jérémy Alen

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.