A Nancy, à Naples, à Genève et à Tokyo, c’est week‐end de Coupe Davis ! Les quarts de finale ont débuté aujourd’hui avec une première journée de simple. Si plusieurs rencontres paraissent déséquilibrées et jouées d’avance, ce sont aussi les surprises qui font le charme de la compétition. Alors, quelles sont les grandes questions qui animeront les différents matchs ?
Benneteau va‐t‐il supporter la pression ?
Gardons‐nous bien de parler de titularisation cadeau pour Julien Benneteau. Déjà parce qu’il s’agit d’une décision d’Arnaud Clément, non d’une offrande. Surtout parce qu’un tel cadeau aurait forcément un côté empoisonné. Le Français doit impérativement mettre l’équipe de France sur de bons rails, vendredi, face à Tobias Kamke. Il risque également de disputer le double, même si la paire Michael Llodra/Gaël Monfils a été annoncée. Tout le monde attend de lui qu’il s’impose pour chacune de ces rencontres. A en croire les pronostics, il n’aurait même qu’à se baisser pour ramasser les points. Mais si Benneteau part la fleur au fusil, c’est lui qui risque de se faire cueillir.
La plupart des signaux sont au vert, c’est incontestable. En mars, ses performances plaident en sa faveur. De plus, ses trois rencontres face à Kamke, toutes disputées en 2013, se sont soldées par des victoires. Finalement, son bilan en simple en Coupe Davis de trois victoires pour une seule défaite. Mais comme toutes les autres couleurs, le vert a ses nuances. Avant la tournée américaine, Bennet’ n’était guère rassurant. Comment oublier, également, ce deuxième tour face à Kamke, l’an dernier à Roland‐Garros. Au terme d’un combat éprouvant, le Français avait fondu en larmes après sa balle de match. Finalement, durant sa carrière, le Bressan a perdu les neuf finales qu’il a disputées. Comme s’il était fâché avec la pression. Ce week‐end, ce n’est pas tant le statut de l’adversaire qui pourrait le rendre nerveux, plutôt les conséquences d’un improbable échec. Les sorties de route sont toujours plus délicates quand on est attendu au tournant.
Wawrinka sera‐t‐il à la hauteur ?
Propulsé numéro un suisse, Stanislas Wawrinka arrive à Genève en patron. Un statut qui vient récompenser une impressionnante montée en puissance ces dernières années. Mais qui peut s’avérer difficile à gérer quand votre second facture 17 titres du Grand Chelem. Habitué à vivre dans l’ombre de Roger Federer, le Vaudois découvre la lumière et une notoriété exponentielle depuis sa victoire à l’Open d’Australie. Face à cet engouement populaire grandissant, Stan doit forcément se sentir pousser des ailes. Qui plus est pour un quart de finale organisé à quelques dizaines de kilomètres de sa ville d’origine. Dès lors, tout le monde s’accorde à le dire : le Kazakhstan débarque à Genève en victime expiatoire.
Sauf que Wawrinka n’est plus tout à fait le même qu’à Melbourne. Dans les médias et les cœurs helvètes, il surfe allègrement sur son succès. C’est normal, les vagues australiennes sont réputées pour être immenses. Mais sur le court ? Il l’a avoué récemment, il rame plus qu’il ne glisse. « Je sens qu’il y a moins de fight en moi. Contre Dolgopolov, j’ai laissé passer des points, voire des jeux, et j’étais hélas indifférent » a‑t‐il concédé. Des mots qui mettent en lumière un drôle de Grand Chelem blues. Après avoir fait le plein d’émotions, Wawrinka se sent vide. Comme lassé. Ses récentes performances n’ont fait que le confirmer. Après une tournée américaine décevante, il a mis prématurément le cap sur Genève. Embêtant, d’autant plus qu’en Coupe Davis, son bilan sur dur est mitigé. Huit victoires et six défaites. Sur les bords du Léman, ses supporters attendent pourtant de lui qu’il marche sur l’eau.
Murray peut‐il offrir une demie à la Grande‐Bretagne ?
C’est le joueur clé du quart de finale le plus incertain. Andy Murray sera le leader très attendu d’une Grande‐Bretagne en danger dans la bouillante ambiance napolitaine. Sur le papier, les choses paraissent assez simples. Si l’Ecossais remporte ses deux simples, son équipe aura un pied et demi en demi‐finale. En double, la très performante paire Colin Fleming/Ross Hutchins ne devrait pas être inquiétée.
Murray débutera face à Andreas Seppi vendredi. Un match à sa portée puisqu’il a battu son adversaire lors de leurs cinq dernières confrontations. Mais n’oublions pas que l’Ecossais n’est pas en pleine confiance. Ses résultats sont corrects mais son niveau de jeu pose question. Récemment séparé de son coach Ivan Lendl, il semble avancer sans certitudes. Face à Seppi, ces détails ne devraient pas peser bien lourd dans la balance. Mais face à Fabio Fognini ? Un duel dominical contre le numéro un italien serait sans doute décisif pour faire basculer ce quart de finale. Et c’est là que ça devient intéressant ! Les deux joueurs sont à égalité dans les confrontations directes, un match partout. Sur terre, c’est Murray qui s’était imposé en 2009 au terme d’un match serré 7–6(11) 6–4. L’Ecossais connait donc la recette. Pas sûr, pour autant, qu’elle s’accorde bien avec la sauce napolitaine.
Ito et Daniel peuvent‐ils réaliser l’impensable ?
Tatsumi Ito est classé 146ème à l’ATP. Taro Daniel occupe, lui, la 190ème place. Pourtant, c’est à eux que revient la difficile mission de défendre le Japon face à la République Tchèque en quart de finale. Kei Nishikori et Go Soeda, leurs deux leaders, absents, ils ont été propulsés sur le devant de la scène par le capitaine Minoru Ueda. Une situation quasi‐comparable à celle de l’Allemagne où il y a, certes, plus de joueurs mais également plus de forfaits. Tout le monde s’accorde à le dire, la seule bonne nouvelle pour les Japonais, c’est l’absence de Tomas Berdych dans le camp d’en face.
En tournoi, les statistiques des deux joueurs sont faméliques. Tatsuma Ito joue régulièrement des demies ou des finales mais uniquement sur le circuit Challenger. Quant à Daniel, sa meilleure performance cette année reste un quart de finale à Vina del Mar après une victoire contre Federico Delbonis en huitième. Inquiétant avant de rencontrer deux Top 50. Alors il faut fouiller un peu pour trouver des raisons d’y croire. Et on se rend compte qu’Ito présente un bilan positif en Coupe Davis, notamment sur dur. Trois victoires pour deux défaites. Plaisir non ? Pas si négatif non plus pour Daniel, qui peut se targuer d’un bilan neutre. Aucune défaite pour aucune victoire. Et oui, c’est sa première sélection ! Avec toute la bonne volonté du monde, difficile donc de se montrer optimiste pour les Japonais. D’autant plus que Radek Stepanek vient d’apporter un premier point à son pays. Pour le Japon, le soleil pourrait bien se coucher avant même de s’être levé.
Publié le vendredi 4 avril 2014 à 11:02



