

Tout au long du mois de novembre, Olivier Delaitre sera notre expert‐consultant. Pour sa cinquième intervention, l’ancien 33ème joueur mondial et vainqueur de la Coupe Davis en 1991, nous explique en quoi l’ambiance d’un stade peut changer la donne.
Quand tu jouais, est‐ce que tu étais sensible à l’ambiance qu’il régnait dans le stade ?
En fait sur ma carrière personnelle, je n’ai jamais été focalisé là‐dessus. J’étais indifférent. Cela m’a posé question et après des cours en sophrologie, on a identifié deux cas de figure. En fait, quand je faisais une double faute et que j’étais sifflé cela me motivait, à l’inverse si je ratais une balle facile et que le public faisait « oh » alors j’étais très énervé. Cet exemple montre que chaque joueur a un rapport au public et à l’ambiance qui est personnel. J’ai coaché un temps Gaël Monfils et je peux vous dire, mais on le sait, que la « Monf » n’est pas le même champion s’il est sur un central bondé ou sur un court annexe.
On parle souvent de la folie de Lyon en 1991…
C’était effectivement de la folie. En fait tout a démarré avec le match d’Henri (Leconte). Après cela n’a pas baissé d’un cran. D’ailleurs, je me souviens bien, Yannick nous avait bien briefé là‐dessus. Ses conseils avaient été précieux d’autant plus qu’il a toujours su jouer avec le public. Après, en Coupe Davis, j’ai aussi vécu une rencontre au Brésil avec Kuerten, c’était chaud, mais bon enfant, cela faisait un bruit continu. Autrement, je n’ai jamais connu d’atmosphère hostile alors que je sais que cela est déjà arrivé.
Que pensez‐vous du stade de Lille ?
Je trouve que malgré sa capacité, le court de tennis ne fait pas tout petit, c’est encore « gérable » même pour ceux qui sont au dernier rang. A ce sujet, j’ai voulu expérimenter le Artur Ashe (de l’US Open), je peux vous dire que tout en haut, il faut vraiment deviner la balle et on entend absolument rien. A Lille, ce n’est pas le cas. Après je pense aussi qu’il y aura plus de Belges que de Suisses il y a trois ans. Inutile de dire aussi qu’ils seront chauds.
Comment trouvez‐vous le public tricolore ?
Je le trouve connaisseur, il sait quand le moment est important au cours d’une rencontre. Après, j’aimerais qu’il soit encore plus chaud, plus bruyant, plus entreprenant.
Est‐ce que les joueurs doivent le solliciter pour mettre le feu ?
Le souci, c’est que cela peut‐être mal interprété. Si un joueur en fait trop, je suis sur que les médias vont lui tomber dessus. Or, si vous regardez un peu en arrière, pour qu’il y ait de la folie, il faut que ce soit dans les deux sens. Un des maîtres a été Jimmy Connors.
Le public peut‐il faire la différence ?
Oui, c’est clair, le plus bel exemple c’est la finale de l’an dernier. Sans le public, Del Potro aurait plongé, là il a trouvé des ressources pour revenir. C’était grandiose.
Publié le mercredi 22 novembre 2017 à 19:34


