Les joueurs, l’entraîneur, les commentateurs, tous avaient la même crainte hier midi : que la Suisse doive affronter l’Australie pour le compte des barrages. Le tirage au sort de la Coupe Davis a eu lieu et là, patatras. Le week‐end du 16 au 18 septembre prochain, les coéquipiers de Federer devront mettre le cap sur l’Océanie afin d’affronter les hommes de Patrick Rafter dans l’espoir de décrocher leur ticket pour le groupe mondial. Une bonne nouvelle pour les fans de tennis, un peu moins pour les supporters Suisses … Par le passé, les deux sélections se sont déjà rencontrées à quatre reprises, et à chaque fois le résultat final fut le même : une victoire australienne. A la rentrée, devant leur public et sûrement sur herbe, surface qu’ils affectionnent, les compagnons de Lleyton Hewitt auront une belle carte à jouer pour se défaire des Suisses. D’autant qu’auteurs d’une très solide performance contre le Portugal conclue 5 à 0, les Européens restent cantonnés au rang d’outsiders. La faute à Roger Federer et le doute qu’il laisse planer sur sa future participation au tour suivant.
Il y a quelques jours de cela, la presse Helvétique s’enflammait pour le retour triomphal du héros national. De gros titres en manchettes, d’éditos en commentaires avisés, tous prédisaient la résurrection de l’équipe Suisse. Avec Roger Federer et Stanislas Wawrinka à la manœuvre, le succès était à portée de main et un retour dans le groupe mondial, une simple question de temps. Or, depuis dimanche c’est la douche froide. Celui qui claironnait quelques jours avant d’affronter le Portugal que se : » concentrer sur la Coupe Davis […] C’est un choix que j’envisage pour l’avenir « , vient de se raviser. Ou du moins le laisse entendre. En conférence de presse d’après match, l’ancien numéro un mondial a fait le bilan de son week‐end en sélection et s’est penché sur les échéances à venir : « Je suis content de ma semaine […] Je bénéficie de 8–9 jours de repos où je vais absolument rien faire. Je reprendrai ensuite l’entraînement en Suisse », avant de noircir quelque peu le tableau idyllique qu’il vient de dresser : « Je prendrai rapidement une décision quant à ma participation à cette rencontre. »
Ira, n’ira pas ? Quelques instants avant le tirage au sort des barrages de la Coupe Davis, le président de Swiss tennis, René Stammbach avouait avec résignation qu’il « comprendrait » une défection du Bâlois. Clairvoyant, il prédisait même qu’en cas de prochain tour en Asie : « ca va être très dur de le convaincre de jouer ». Manque de bol, c’est encore plus loin… A l’inverse, pour l’ancien tennisman Suisse, Claudio Mezzadri, la question de la participation de Federer ne se pose même pas : « Ce sera ridicule de ne pas jouer en septembre après avoir été présent pour ce match contre le Portugal […] Il va disputer les barrages », précisant à toutes fins utiles « sauf événement exceptionnel ». Aïe !
Comme chaque année, le week‐end de Coupe Davis de la rentrée se déroule une poignée de jours après l’US Open, un enchaînement toujours délicat à gérer notamment pour les têtes de série. Si en 2003, Roger Federer, alors nouvelle sensation du circuit pro, a voulu tenter la passe de deux avec au final un échec au quatrième tour du tournoi américain et une défaite 3 à 2 contre – déjà ! – l’Australie, le Bâlois a refusé l’année dernière de retenter l’expérience laissant son équipe aux prises avec le Kazakhstan. Avec le résultat que l’on connait… A l’époque, le Suisse se justifiait par un problème de calendrier : « La date ne me convient pas ». Un an après, peut‐il utiliser pareil argument afin de se soustraire à ses obligations nationales ? A vrai dire, tout est possible, reste qu’au vu de l’accueil triomphal qu’il reçu à Berne, des déclarations qu’il fit à la presse, son absence en Australie serait des plus déplacées. Pourtant, le doute demeure, se diffuse et depuis les résultats du tirage au sort, ne cesse de grossir. La raison ? Tout juste qualifié pour les barrages, Fedex avait déclaré comme pour préparer le terrain à un éventuel retrait de dernière minute : « J’espère que nous n’allons pas devoir jouer en Australie. » Quel flair !
A Genève, avant cette fameuse conférence de presse, tout le microcosme médiatique Suisse se prenait pourtant à rêver d’une future victoire Suisse en Coupe Davis, trophée qui les fuit toujours. Mieux, l’exemple Croate en 2005 était même devenu un modèle, eux qui ont décroché le saladier d’argent en se reposant uniquement sur le duo Ancic/Ljubicic. Seulement, sans Roger, le plan d’attaque Helvétique part en fumée.
Avant de tirer des plans sur la comète, les hommes de Severin Luthi doivent déjà sortir indemne du piège australien. Emmenée par Lleyton Hewitt et Bernard Tomic, la sélection océanienne, auteur d’une prestation convaincante contre la Chine, aura à cœur de briller chez elle. US Open ou pas…
Publié le jeudi 14 juillet 2011 à 11:47



