Guy Forget est apparu très combatif en conférence de presse. Même si la France est menée 2–1, le capitaine refuse de s’alarmer. Pour lui, la logique a simplement été respectée lors des deux premières journées. Il souhaite que cela continue demain et donc, que les Bleus, favoris des deux simples sur le papier, s’imposent. Interview.
Guy, comment expliquez‐vous cette faible qualité de retour de Mika et Bennet’ aujourd’hui ?
Le problème, c’est que les Bryan croisent quasi‐systématiquement pour intercepter au filet et ça change tous les repères. Lors de la préparation du match, on avait dit qu’il faudrait jouer au moins un retour sur deux le long de la ligne, justement pour les gêner. Malheureusement, Mika et Bennet’ ne l’ont pas assez fait. La deuxième chose, c’est qu’il y avait forcément un peu de nervosité, surtout chez Julien. Une nervosité liée à l’enjeu, aux conditions venteuses, mais aussi au mauvais départ. Il n’y a pas de pire manière de commencer que de se faire breaker d’entrée. Ils ont toujours couru après le score. C’est comment quand tu coures après quelqu’un, qu’il prend une avance de 20m, que tu cravaches pour recoller et que tu finis par t’épuiser. Et puis le problème, c’est aussi qu’ils n’ont jamais bien retourné en même temps. Plusieurs fois à 0–15 ou 15–30, ils ont une petite occasion et l’un ou l’autre manque un retour jouable… Ce n’était pas Isner non plus au service, il y avait un peu de place pour relancer. C’est dommage parce qu’ils n’ont pas bien joué deux jeux. Deux jeux, c’est deux minutes. Mais ce sont en l’espace de ces deux minutes qu’ils perdent les deux premiers sets. Il n’a pas manqué grand chose mais les Bryan ont tout simplement été plus constants que nous. Ils ont passé plus de premières et ont beaucoup moins raté à la volée.
Est‐ce que vous remettez en cause le choix de la terre battue extérieur, avec justement ce vent qui vous a gêné ? Vous auriez dit cela à la télé il y a quelques instants…
(Soupir) J’ai dit ça parce que j’étais énervé à la fin du match. Il y a un peu de rage… Et puis de voir toutes ces mines déconfites là… Ils ont gagné, bravo, bien joué. Mais ce n’est pas fini ! On a nos balles, notre surface, notre public, on va jouer cette dernière journée et la gagner ! Je veux dire, les meilleurs sur le papier l’ont emporté jusque là. La logique a été respectée, qu’elle le soit aussi demain ! Jo voulait jouer Isner sur terre battue, il va le jouer. Gilles voulait jouer Harrison, il va le jouer et j’espère le battre ! Il faut prendre nos responsabilités. Je veux dire, si Jo bat Isner demain, ce ne sera pas l’exploit du siècle non ? Vous êtes d’accord avec moi ? Gilles est 13e mondial, il va jouer un joueur de 20 ans classé 66e mondial, il peut le battre non ? J’attends une attitude, j’attends une qualité de jeu demain et je peux vous dire que je n’envisage pas la défaite une seule seconde ce soir.
Est‐ce que Julien et Mika n’ont pas joué là l’un de leurs plus mauvais double en Coupe Davis ?
Il y avait en face d’eux la référence du double depuis 7 ans. Les frères Bryan, ce sont les Novak Djokovic du double aujourd’hui. On n’était pas si loin mais on a souvent été trop tendre, trop timide. On doit être plus méchant. Et surtout, on doit bosser et progresser ! Parce qu’on n’était pas à leur niveau aujourd’hui. Encore une fois, ils étaient favoris sur le papier, c’est donc une victoire logique. A nous de faire également respecter cette logique demain ! Et si on n’en est pas capable, on n’a tout simplement pas notre place en demi‐finale. Ils sont à notre portée, allons les battre ! Moi je suis gonflé à bloc ce soir, que ce soit dit (Sourire).
On l’a vu ! Quelle sera la clé du match entre Jo Tsonga et John Isner demain ?
Probablement la capacité à bien servir sur la durée. Je crois que Jo a d’autres arguments à faire valoir que Gilles (Simon), et notamment son punch au service. Il va sans doute lui poser beaucoup plus de problèmes au retour car il sert plus fort que Gilles. Et puis il va envoyer ses grands coups droits et le faire voyager. Il faudra qu’il tienne ses jeux de service coûte que coûte pour aller chercher des tie‐breaks où tout peut arriver. Je sais très bien que Jo ne breakera pas Isner deux fois par set. S’il peut le breaker deux ou trois fois sur le match, ce sera déjà bien. Ce ne sera pas un match typique de terre battue, c’est clair. On va avoir un gros, gros match. Un match de poids lourds entre deux cogneurs surpuissants. Et on va les laisser régler ça entre hommes.
De votre envoyée spéciale à Monte Carlo
Publié le samedi 7 avril 2012 à 18:26


