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Forget : « On doit une fière chan­delle à Chardy »

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Guy Forget dresse le bilan de ce week‐end en confé­rence de presse. Le capi­taine a égale­ment évoqué le quart de finale à venir face à l’Allemagne.


Guy, quel soulagement…

Oui. C’était un week‐end de Coupe Davis parti­cu­lier, comme on en a connu beau­coup par le passé. L’essentiel est de se quali­fier. Tout le monde y a contribué. C’était parfois dans la douleur, mais il y a eu des matches extra­or­di­naires dont deux un peu fous aujourd’hui. Durant le match de Gilles, il y a eu quatre sets d’anthologie, avec un duel extra­or­di­naire entre les deux hommes. Melzer a été intou­chable sur la fin. Gilles a un peu baissé de niveau de jeu. Ensuite, à deux points partout, c’était un peu le match cauche­mar­desque ! Jérémy n’arrivait pas à se libérer face à un jeune joueur qui, lui, n’avait rien à perdre et qui lâchait ses coups. On a tous essayé de relancer Jérémy dans le match. Pas à pas, il a grap­pillé du terrain. Puis, il a pu revenir pour fina­le­ment s’imposer. Mais que ce fut difficile !


Quel week‐end pour Jérémy Chardy ! C’est lui qui qualifie l’équipe de France, alors qu’il n’était même pas prévu dans l’équipe au départ…

Il n’était pas prévu dans l’équipe, mais c’est aussi ça la force d’une équipe. Je me rappelle l’année dernière, j’avais dit aux joueurs : « Vous savez, une campagne de Coupe Davis, ça ne se gagne pas seule­ment avec quatre joueurs. Cela se gagne avec six ou sept joueurs. » On a vu tout au long de la saison, « Mika », qui est a priori un joueur de double, gagner des matches de simple impor­tants. Arnaud Clément est revenu remplacer Julien Benneteau et il nous a aussi rapporté des points précieux. En finale, on échoue à un match du trophée. On repart cette année avec le coup le plus dur qui ne me soit jamais arrivé : les trois joueurs les mieux classés absents. Malgré cela, on arrive à se quali­fier à l’extérieur face à une équipe qui est quand même dange­reuse. Cela prouve que le groupe fonc­tionne bien et que l’on ne fait pas n’importe quoi.

Finalement, Jérémy Chardy débarque en Coupe Davis et rentre dans le cercle très fermé des joueurs qui ont remporté un cinquième match décisif en Coupe Davis…

Oui, c’est vrai que c’est quelque chose de formi­dable. On voit bien que la Coupe Davis lui tient à cœur. Maintenant, je n’ai pas envie de crier victoire trop tôt. On a vu un Jérémy énorme face à Melzer lors du premier match, en prati­quant son meilleur tennis. Aujourd’hui, face à un joueur bien moins fort que lui, il est passé tout près de la correc­tion­nelle. Il faut rester humble dans la victoire. Jérémy nous qualifie. Il fait deux matches qui nous sauvent. Maintenant, il a aujourd’hui en équipe de France des concur­rents. Il a des garçons comme Jo‐Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Gilles Simon, Richard Gasquet, Michaël Llodra ou Julien Benneteau. Les places vont se gagner main­te­nant dans les tour­nois qui viennent. Je souhaite que Jérémy continue de jouer comme il l’a fait contre Melzer, et avec le même état d’esprit et le même courage qu’il a eu face à Fischer aujourd’hui. Mais les places sont chères. On va tous le booster au maximum. J’ai hâte de le retrouver sur le court car on lui doit une fière chan­delle aujourd’hui.

Jérémy Chardy est un garçon très sympa­thique. Est‐ce qu’il a fait du bien à l’équipe de France ?

Ce n’est pas la première fois qu’il vient en équipe de France. Ce n’est pas un « bleu », ni un junior qui arrive comme ça au pied levé. C’est un garçon qui est main­te­nant depuis long­temps sur le circuit. Il a gagné un grand tournoi, à Stuttgart. Il a battu certains des meilleurs joueurs du monde. Dans un bon jour, il est capable de battre n’importe qui. Quand je l’ai dit, il y a quelques jours, les gens me regar­daient avec un petit sourire narquois. Quand on l’a vu mettre trois sets à zéro à Melzer, on s’est rendu compte de l’étendue de son talent. Il y a des aspects de son jeu sur lesquels il est encore très perfec­tible. Je suis sûr qu’avec son nouvel entraî­neur (NDLR : Patrick Mouratoglou), il va mettre l’accent là‐dessus. Il a trop de poten­tiel pour n’être que cinquan­tième mondial et gagner aussi peu de matches que lors de ces derniers mois.


Maintenant, les quarts de finale : ce sera en Allemagne au mois de juillet prochain…

J’espère que, d’ici là, tous les joueurs les mieux classés seront revenus et qu’il n’y aura pas de bles­sures. J’espère qu’il y aura une vraie compé­ti­tion entre les joueurs car les places seront chères. Je vais avoir des choix diffi­ciles à faire. Vous connaissez les égos des uns et des autres, et vous savez ce que peut engen­drer une non‐sélection. J’espère qu’ils pren­dront ma prochaine sélec­tion avec philo­so­phie et avec le sourire car je sais que, pour ma part, ce sera un vrai casse‐tête.

Est‐ce que les Allemands vous font peur ?

Ils ne nous font pas peur. On connaît leur valeur. C’est une équipe plus homo­gène que celle de l’Autriche. 

(FFT)

A propos de l’auteur

Pauline Dahlem

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.