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France – Croatie : l’épopée 2018

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Face à la Croatie de Marin Cilic et Borna Coric, la France va parti­ciper à sa 19e finale de Coupe Davis, la sixième depuis l’an 2000. Elle peut surtout conserver son titre, ce qui consti­tue­rait un véri­table symbole pour la dernière sous le format histo­rique. Résumé de l’épopée 2018 en trois étapes plutôt mouvementées.

France – Pays‐Bas : 3–1 (Albertville, France, 2–4 février)

Mannarino à la rescousse

Deux mois après avoir soulevé son dixième Saladier d’argent, l’équipe de France repar­tait déjà en campagne en février du côté d’Albertville face aux Pays‐Bas. Sur le papier, les Bataves ne repré­sen­taient pas un réel danger. Mais la veille de la rencontre, Yannick Noah est paniqué. Vingt minutes avant le tirage au sort, le capi­taine trico­lore est confronté au forfait de Jo‐Wilfried Tsonga, diminué au genou. Noah appelle Gaël Monfils, mais celui‐ci part à Quito. Il tente de joindre Adrian Mannarino et Julien Benneteau. C’est « Manna » qui rappelle le premier et qui rejoint le groupe à Albertville : « C’est assez dingue ce qu’il s’est passé. Il m’a appelé vers 11h20. J’étais en plein entraî­ne­ment et j’ai un peu de chance d’avoir avec moi mon portable assez régu­liè­re­ment, raconte Mannarino. Ce n’est pas bien, mais pour une fois, ça m’a servi [sourire]. Vendredi matin, Lucas n’était pas prêt à jouer, il préfé­rait me laisser la place car il n’était pas à 100 % et je me retrouve donc sur le court. C’était aussi agréable qu’inattendu. » Surpris par Thiemo de Bakker le vendredi, le bizut se rattrape en appor­tant le point de la quali­fi­ca­tion le dimanche face à Robin Haase.

Italie – France : 1–3 (Gênes, Italie, 6–8 avril)

Pouille en leader

En pleine crise de la réforme de la Coupe Davis, l’équipe de France est à Gênes dans un char­mant petit club pour affronter l’Italie. Alors qu’ils s’attendaient à une feria indes­crip­tible, l’atmosphère dans un envi­ron­ne­ment unique, avec un clocher qui sonne le tocsin, est plutôt bon enfant. Après une première journée où les deux équipes se retrouvent logi­que­ment à égalité, Nicolas Mahut et Pierre‐Hughes Herbert refroi­dissent les tifosi en réali­sant un double parfait face à la paire expé­ri­mentée composée de Fabio Fognini et Simone Bolelli. Le dernier jour, Lucas démontre qu’il est vrai­ment le patron en domi­nant Fabio lors d’un bras de fer de haut niveau. La suite, c’est une confé­rence de presse où Yannick se dit heureux mais dégoûté que la réforme puisse voir le jour. Lucas Pouille, de son côté, s’enflamme, se pose en leader de la fronde et rêve presque que Roger Federer lui passe un coup de fil pour orga­niser la contre‐attaque. Le résultat, on le connaît. 

France – Espagne : 3–0 (Lille, France, 14–16 septembre)

La victoire du groupe

« Nous nous sommes préparés du mieux possible, l’équipe a fait corps. » Yannick Noah ne se trompe pas. Oui, l’équipe de France n’a pas les meilleurs joueurs du monde, mais elle possède un véri­table groupe : « On a un joli réser­voir de joueurs. Il y a la valeur des joueurs et l’état d’esprit, souligne le capi­taine des Bleus. La Coupe Davis est une compé­ti­tion par équipes et on a une équipe. Ce ne sont pas que des mots. On vibre ensemble, on travaille ensemble, on pleure ensemble et on rit ensemble. » Même son de cloche du côté de Lucas Pouille, héroïque face à Roberto Bautista Agut pour apporter le point du 2–0 : « Quand on est en Coupe Davis, on vit pour la famille. On a un groupe incroyable, parfait. Tout cela me trans­cende et me donne envie de me dépasser. » Un état d’esprit qui a permis à Benoît Paire d’être intégré de la meilleure manière possible et de se fondre dans le collectif. L’Avignonnais a pu effacer les polé­miques liées à sa présence aux Jeux olym­piques de Rio en 2016 : « Depuis les Jeux olym­piques, ça n’a pas été simple. J’avais envie de montrer que j’étais capable de bien me comporter, de me battre jusqu’au bout et de ne rien lâcher. J’étais très fier de porter ce maillot de l’équipe de France. » Un maillot bleu plus fort que tout.

Les finales jouées par la France…

18 finales avec un bilan total de 56 % de réus­site, soit 10 finales gagnées et 8 perdues

Depuis l’instauration du groupe mondial (1981) :

4 gagnées (1991, 1996, 2001, 2017) et 5 perdues (1982, 1999, 2002, 2010, 2014)

Finales jouées en France : 58 % de réus­site (7 gagnées, 5 perdues)

Finales jouées à l’étranger : 50 % de réus­site (3 gagnées, 3 perdues)

Toutes les infor­ma­tions sur la finale de la Coupe Davis sont à retrouver ici.

A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.