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Guy Forget : « Aller décro­cher la lune en Serbie »

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La Serbie ayant dominé la République Tchèque en demi‐finale 3 points à 2, les Bleus devront se déplacer proba­ble­ment à Belgrade pour disputer la finale. Guy Forget, capi­taine de l’équipe de France, s’est exprimé sur cette finale à venir.

Guy, vous allez devoir vous déplacer en Serbie pour la finale. Cela va forcé­ment être très chaud…

On a eu la chance jusque‐là de jouer à chaque fois à domi­cile. Malheureusement, cette fois, ça ne nous a pas souri. On va donc aller jouer la finale dans une salle survoltée en Serbie. La marche était déjà haute, elle le sera d’autant plus que les joueurs serbes Djokovic et Tipsarevic sont très talen­tueux. Ils auront proba­ble­ment 20 000 personnes derrière eux. Ce sera pénible. Il faut donc qu’on se prépare bien physi­que­ment, il faut qu’on soit dans de bonnes dispo­si­tions mentales, qu’on n’ait pas de pépins physiques. Et si on pouvait aller décro­cher la lune là‐bas chez eux, ce serait incroyable.

L’équipe serbe repose essen­tiel­le­ment sur Novak Djokovic, le n°2 mondial…
Oui, et en plus Novak est en grande forme en ce moment, fort de sa finale à l’US Open. Quand on a eu besoin de lui, il a toujours répondu présent. Et quand il joue pour son pays, il se trans­cende à chaque fois. Maintenant, il y a aussi Tipsarevic qui a sauvé son équipe face à la République tchèque en demi‐finale. Lui aussi a beau­coup de métier et sera très dur à prendre devant son public.

Il va falloir être fort menta­le­ment pour disputer cette finale !
Oui mais tous les joueurs fran­çais ont été forts menta­le­ment depuis le début de la saison. Ils ont fait preuve de beau­coup de courage, de beau­coup de tempé­ra­ment. Il va falloir surtout bien jouer au tennis. Parce que sur une finale de Coupe Davis, je ne peux pas les imaginer rési­gnés, défai­tistes. Non, ils seront gonflés à bloc. Après, ce seront leurs choix tactiques, leurs options qui feront peut‐être la diffé­rence. En tout cas, on va préparer cette rencontre avec le plus grand sérieux.

Va‐t‐il y avoir un esprit commando ?
Oui, proba­ble­ment. Entre le BNP Paribas Masters à Bercy et cette finale, les joueurs auront proba­ble­ment deux semaines de break. Il y aura peut‐être une semaine pour vrai­ment se reposer, recharger les accus. Ensuite, il faudra préparer très sérieu­se­ment cette rencontre. 

Avez‐vous scellé un pacte dans les vestiaires pour aller cher­cher ce Saladier ?
Il y a un projet commun, il y a surtout un rêve commun. On a tous envie de rapporter ce Saladier en France. On aurait préféré jouer à domi­cile parce que les choses auraient été plus simples. Là, ce sera beau­coup plus pénible. Il va falloir une nouvelle fois aller décro­cher la lune, mais on ne se met pas de barrière. On a bien battu les Australiens chez eux il y a quelques années. Alors pour­quoi ne pas rééditer l’exploit ?

Comment allez‐vous travailler jusqu’à cette finale ?
Le seul point très impor­tant, c’est qu’il va falloir que tout le monde joue en double. On a vu à Clermont‐Ferrand et ici, à Lyon, deux paires diffé­rentes qui ont très bien « performé ». Il faut qu’on continue à travailler tous dans cette disci­pline et pas seule­ment « Mika », « Bennet’ » et Arnaud. Il faut que Richard le joue aussi, tout comme « Jo », parce qu’à un moment donné, on peut avoir des surprises. La sélec­tion va être problé­ma­tique pour moi et il faut que j’ai un maximum d’options. Donc, on va vrai­ment aborder la ques­tion du double avec beau­coup de rigueur, beau­coup de sérieux. Pour ce qui est de leur programme, ils vont jouer la plupart des grands tour­nois avec les meilleurs joueurs du monde, en Asie et bien sûr à Bercy. On va les suivre avec Lionel Roux et j’espère vrai­ment qu’ils vont gagner plein de matches d’ici là. Aborder une rencontre comme cette finale avec des victoires marquantes dans les pattes, ça permet d’être plus serein et beau­coup plus confiant. 

Allez‐vous composer vous‐même les doubles ?
Non, parce que des équipes sont déjà compo­sées et fonc­tionnent bien. Julien, je ne sais pas préci­sé­ment combien de temps sa bles­sure va lui prendre, avant de pouvoir revenir. Pendant ce temps‐là, il faut que les autres jouent le double. Quand Julien sera remis sur pieds, je pense qu’il rejouera avec « Mika ». D’ici là, il y a des doubles à ne pas rater et dans lesquels il va falloir essayer d’aller au bout à chaque fois.

On vous sent fatigué !
On a enchaîné la Coupe Davis après deux semaines aux Etats‐Unis pour l’US Open. Moi, je n’ai pas beau­coup dormi à cause du déca­lage horaire. On a fait ici des longues jour­nées qui ont été éprou­vantes. Et puis on était en salle avec le bruit. Il fallait tourner la tête de gauche à droite pendant des heures. Effectivement, j’ai un petit coup derrière la tête, mais c’est une bonne fatigue. Et puis, c’était une fête magique. Le public lyon­nais a été fantas­tique. On a hâte de revivre ce genre d’ambiance, avec pour­quoi pas le même résultat à l’arrivée.

A propos de l’auteur

Pauline Dahlem

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.