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Guy Forget : « J’ai confiance en ce groupe »

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Dans 10 jours, la France débu­tera face à l’Allemagne sa campagne 2010 de Coupe Davis. Après avoir annoncé les 4 premiers hommes sélec­tionnés (Tsonga, Monfils, Benneteau, Llodra), Guy Forget a donné une longue inter­view. Le capi­taine de l’équipe de France explique avoir confiance en son groupe mais ne prend pas pour autant la sélec­tion alle­mande à la légère.

- Pouvez‐vous commenter votre sélection ?

- En fonc­tion de ce que l’on a vu ces dernières semaines, aussi bien en simple qu’en double, c’est
un groupe homo­gène, composé de garçons qui ont bien joué et qui seront – je l’espère – en
pleine forme pour affronter l’Allemagne.

- Les résul­tats du tournoi de Marseille ont dû vous rassurer…
– C’est effec­ti­ve­ment très bien. Les garçons ont évolué sur le même genre de surface, avec les
mêmes balles. Julien (Benneteau) et « Mika » (Llodra) ont accu­mulé beau­coup de confiance.
Maintenant, la plupart des joueurs sont engagés cette semaine à Dubaï (NDLR : Tsonga,
Benneteau, Llodra). « Jo » est parti avec une petite « gastro ». J’espère que ce sera réglé d’ici ce
week‐end. Gaël (Monfils), qui ne joue pas cette semaine, a eu un petit coup de pompe. La
semaine « off » devrait lui permettre de bien récu­pérer pour être à bloc pour la prépa­ra­tion sur
place à Toulon. Je touche du bois pour qu’il n’y ait pas de bles­sure d’ici là.

- Vous ne prenez pas de cinquième joueur ?
– Si, je vais en prendre un, mais je préfère attendre la fin de la semaine pour me décider, en
fonc­tion des résul­tats des uns et des autres. Je me donne encore quelques jours de réflexion.

- Dans votre esprit, les quatre joueurs sélec­tionnés aujourd’hui seront les quatre
joueurs alignés pour la rencontre…

– A priori, oui. Mais vous savez comme moi qu’il peut toujours se passer des choses d’ici là. On
n’est jamais à l’abri d’une bles­sure. Et quand je fais venir un cinquième joueur, ce n’est pas un
« pot de fleur ». Il est toujours suscep­tible de jouer en fonc­tion des événements.

- Sur le papier, votre équipe est très sédui­sante. Vous disposez de quatre joueurs très
compé­ti­tifs, tous suscep­tibles d’être alignés en simple, avec un double qui semble se
détacher…

– …Je n’ai pas un double, j’en ai plusieurs. Aujourd’hui, entre Michaël (Llodra), Julien (Benneteau)
et « Jo » (Tsonga), il y a trois garçons qui peuvent très bien jouer en double. On n’a pas une
équipe type, comme on a pu en avoir une à une époque avec Llodra – Clément, mais des
combi­nai­sons multiples. Sur l’ensemble de la saison, il n’est donc pas impos­sible que l’on aligne
plusieurs équipes diffé­rentes. Il est d’ailleurs inté­res­sant de constater que les garçons jouent de
plus en plus souvent ensemble dans cette spécia­lité. Et puis, il ne faut pas oublier Richard
Gasquet, Arnaud Clément… Voilà d’autres garçons qui seraient capables de tenir un rang de très
haut niveau en double.

- Votre équipe vous semble‐t‐elle plus forte que l’an passé ?
– Chaque rencontre jouée constitue une expé­rience supplé­men­taire. Cela sert pour l’avenir. Gaël
(Monfils), fort de ce qu’il a pu vivre à Maastricht l’an passé, a acquis de l’expérience. Je ne peux
pas imaginer que Gaël soit moins bon aujourd’hui en Coupe Davis que l’an passé.

- Vous n’imaginez pas que Gaël puisse revivre aujourd’hui le même scénario qu’à
Maastricht l’an passé, lors de la rencontre de barrage…

– Quand vous « drivez » des garçons de ce niveau là, vous n’imaginez pas du tout ce genre de
scénario. Cela arrive malheu­reu­se­ment, mais personne ne se prépare à cela. On travaille, on
discute, on met en place une struc­ture pour faire en sorte que les garçons jouent à leur meilleur
niveau. Après, le résultat est ce qu’il est. Maintenant, j’ai confiance en ce groupe. Je pense qu’ils
sont capables, tous les quatre, d’évoluer à un très haut niveau.


– Comment voyez‐vous cette rencontre face à l’Allemagne ?

- Je la vois diffi­cile. D’une part, parce que la valeur des joueurs alle­mands est forte. D’autre part,
parce que l’Allemagne est une équipe expé­ri­mentée. On regarde souvent le clas­se­ment individuel
des joueurs pour se faire une idée du niveau de l’équipe adverse. Mais on ne regarde pas toujours
le nombre de matches disputés par ces mêmes joueurs en Coupe Davis. Les Allemands sont des
compé­ti­teurs qui ont l’habitude d’évoluer dans cette épreuve. Avec des victoires signi­fi­ca­tives au
bout. Ils connaissent la Coupe Davis. On ne peut donc pas parier sur une fébri­lité éven­tuelle de
l’un d’entre eux à cause de la Coupe Davis. Ce match sera donc diffi­cile. On est prévenu. Il faudra
être vigilant.

- Au vu de la saison passée, estimez‐vous tenir en Jo‐Wilfried Tsonga le vrai leader de
l’équipe de France… même si l’intéressé refuse d’endosser ce statut ?

– La Coupe Davis le passionne. L’idée de rapporter un, deux ou deux points et demi à son équipe
est quelque chose dont il est fier. En plus, tous ses rendez‐vous avec la Coupe Davis se sont
toujours bien passés. Quand on aborde une rencontre, c’est très impor­tant pour la confiance.
Maintenant, chacun avance à son rythme, gagne ses matches petit à petit. Aujourd’hui, « Jo »
montre l’exemple par son atti­tude, sur le terrain et en dehors, par ses résul­tats. Il montre le
chemin. Tout le monde essaie de tirer l’équipe vers le haut, même si certains, de par leur
person­na­lité, sont plus discrets que d’autres. Chacun doit endosser ce rôle là, avec cette même
envie de servir le groupe.

- Depuis vos débuts en tant de capi­taine, l’équipe de France actuelle vous apparaît‐elle
comme celle ayant le plus fort potentiel ?

– Oui, c’est de loin le poten­tiel le plus grand que l’on ait jamais eu en France, d’autant que des
joueurs comme Gilles Simon, qui revient de bles­sure, Richard Gasquet, Paul‐Henri Mathieu,
Jérémy Chardy postulent égale­ment pour figurer dans le groupe. Je fonde de gros espoirs dans ce
groupe. Car si la mayon­naise veut bien prendre, il y a de quoi faire de grandes choses, vivre des
matches incroyables avec ces garçons. D’autant qu’ils sont très poly­va­lents. Maintenant, il faut
que tout le monde aille dans le même sens. Une Coupe Davis ne se gagne pas avec un seul
joueur, mais avec quatre, cinq, six, voire huit joueurs. Aujourd’hui, nous avons huit joueurs qui
peuvent à tout moment jouer un rôle en équipe de France. Tout le monde est impor­tant, tout le
monde doit se sentir concerné par cette Coupe Davis.

- Le chan­ge­ment de programme de Gaël Monfils va dans ce sens (ce dernier était
initia­le­ment inscrit à Acapulco sur terre battue cette semaine, avant fina­le­ment de se
retirer)…

– Tout à fait. Je suis ravi qu’il l’ait fait, car c’est une manière de mieux se préparer. Il a dit qu’il
était un peu émoussé. Cette semaine de repos va lui permettre de récu­pérer et d’arriver sur la
rencontre à 100 % de ses capa­cités physiques. On sait que c’est impor­tant dans le jeu de Gaël.
Après, la fina­lité, c’est de bien jouer les jours de matches. On fait tout en amont pour que les
choses se passent le mieux possible. Mais la vérité, elle se trouve sur le terrain.

- La France va évoluer à domi­cile pour la première fois depuis trois ans, et le premier
tour de la Coupe Davis 2007 (France – Roumanie à Clermont‐Ferrand). Cela fait du
bien de rejouer à domi­cile, après cinq rencontres de suite à l’extérieur ?

– Quel bonheur d’avoir enfin un public derrière nous, qui va guetter les moindres erreurs de nos
adver­saires pour leur mettre un petit coup derrière la tête. A nous de tirer profit de cette situation
et d’impliquer le plus possible les spec­ta­teurs dans cette rencontre.

- Enfin, avez‐vous prévu un mini‐stage de prépa­ra­tion à Roland‐Garros avant votre
départ à Toulon ?

– Quasiment tous les joueurs étant engagés à Dubaï cette semaine, nous nous tenons à leur
dispo­si­tion, avec Lionel Roux, l’entraîneur de l’équipe, pour ceux qui le souhaitent à partir de
samedi matin à Roland‐Garros.

A propos de l’auteur

Pauline Dahlem

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.