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Invincible Espagne ?

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La dernière défaite à domi­cile des Espagnols en Coupe Davis remonte à 1999, lorsque Gustavo Kuerten et ses coéqui­piers étaient venus battre les ibériques sur les terres. Dix ans plus tard, quinze rencontre de Coupe Davis se sont dispu­tées sur le sol espa­gnol, et à chaque fois les Ibériques en sont sortis vain­queurs. Les Allemands peuvent‐ils créer l’une des plus grandes surprises de l’his­toire de la compétition ?

Sans leur numéro 1 national Tommy Haas, pouvant être perfor­mant sur toutes les surfaces, l’Allemagne ne semble pas armée pour contrer la formi­dable machine espa­gnole. Si Philipp Kohlschreiber a été plutôt perfor­mant à Roland Garros en élimi­nant Novak Djokovic au 3e tour, il a ensuite baissé pavillon contre Tommy Robredo, qu’il retrou­vera en deuxième match ce vendredi, en quatre manches. D’ailleurs le numéro 1 alle­mand n’a jamais battu le quart de fina­liste du dernier Roland Garros. Et Andreas Beck, Mischa Zverev et Nicolas Kiefer, toujours impré­vi­sibles, ne semblent pas être des solu­tions de rechange pouvant ébranler la forte­resse hispanique.

Le capi­taine espa­gnol Albert Costa « ne craint pas les Allemands mais les respectent énor­mé­ment. » Cette prudence émane d’un homme discret et réservé, et d’un pays dans l’ombre de son cham­pion. Car même absent Rafael Nadal est un des sujets dont on parle le plus du côté de Marbella. La nation se pros­terne devant lui comme l’ont montré les spec­ta­teurs dans la Boîte magique de Madrid faisant révé­rence pendant qu’ils criaient des « Rafa, Rafa », chers à Apolline. Ainsi, tous les joueurs qui suivent le leader adopte cette atti­tude de méfiance, parfois extrême. David Ferrer était « même prêt à porter les serviettes de Nadal pour jouer en Coupe Davis. » Forfait lui aussi, il est invi­sible ce week‐end, preuve de la surpuis­sance de l’an­cien numéro 1 mondial, plus que prophète en son pays, et ce n’est pas sa défaite en finale de Madrid ou à Roland Garros et ses absences de ces dernières semaines qui feront changer la donne.

A la surface ocre, déjà gros avan­tage pour les Espagnols, s’ajoute le public latin, au sang chaud, qui met une pres­sion dingue sur les adver­saires. Mais on sera loin des débor­de­ments qui s’étaient passés en 2000 lors de la finale de Barcelone, presque quatre ans avant que Nadal fasse ses premiers pas face à la France en demi‐finale, et sache dompter et calmer le public.

Le bonheur espa­gnol n’est pas pour autant déjà écrit. Tommy Robredo en sait quelque chose, lui qui n’a gagné que 6 simples sur 10, dont seule­ment 2 à enjeu. Le dernier étant sur la terre battue péru­vienne l’année dernière, première étape de la chevau­chée victo­rieuse des Espagnols. Sa défaite face à Filippo Volandri en trois sets en 2006, en Espagne, montre qu’il n’est pas à propre­ment parler un joueur de Coupe Davis, peut‐être submergé par la pres­sion de la compé­ti­tion. Autre point délicat à gérer pour les Espagnols, le cas Fernando Verdasco. Propulsé numéro 1 espa­gnol pour ce quart de finale, le 9e joueur mondial et héros de la dernière finale de Coupe Davis va devoir jouer deux simples et un double en trois jours, sur terre battue. D’où l’in­térêt pour les locaux de conclure au plus vite la rencontre, et pour les hôtes de faire durer le plaisir dans l’enfer espagnol. 

Le double sera à n’en pas douter décisif puisque l’année dernière Verdasco aligné aux côtés de Feliciano Lopez, son parte­naire habi­tuel avec qui il fera équipe demain, avait battu la paire germa­nique 12–10 au 5e set, mais contre la paire Kohlschreiber‐Petzschner, alors que cette fois ci ils devraient être en face du duo Kiefer‐Zverev, ce dernier faisant des débuts en Coupe Davis.