Face à la presse, Michael Llodra est revenu sur son match face à Fernando Verdasco. Le Français estime avoir été « très solide dans la tête » pour aller chercher cette victoire qu’il qualifie de « plus belle de sa carrière ».
Mika, votre sentiment sur ce match ?
Je me suis servi des erreurs du passé. Contre Roddick à Wimbledon, je domine pendant un set et demi et je sors du match. C’est ce qui me coûte la partie. Aujourd’hui j’ai fait l’opposé. On en avait bien discuté avec Rémi (son coach) et Amélie (Mauresmo), j’ai su ne pas m’affoler. Je perds le premier set alors qu’il aurait dû tourner en ma faveur, je vais me rasseoir et je me dis qu’il faut gagner 3 sets, que lui en a un mais que ce n’est pas du tout fini. Je ne m’affole pas. Je sais que le match, il ne l’a pas gagné. Je repars et je breake d’entrée dans le second. Ensuite je suis au‐dessus pendant deux sets et demi. Je me fais débreaker un peu bêtement dans le 4e mais je me ressaisis, je sers notamment très bien au tie‐break. Je ne voulais pas qu’il se règle c’est pourquoi il m’arrivait de tenter des coups un peu risqués pour empêcher les échanges. J’ai aussi essayé de vivre avec le public, de faire en sorte qu’il m’aide à la fin. J’ai d’ailleurs repris le dessus avec mon service à la fin du 4e. Sur l’ensemble, je crois avoir eu une belle lucidité.
Vous ressentiez que vous l’agaciez ?
Je sais que sur ce genre de surface j’en agace plus d’un. Après je savais que le match se jouerait sur quelques points, qu’il se jouerait dans la tête. Il fallait saisir les occasions.
Qu’est‐ce que ça fait de rentrer sur le court à 1–0 pour la France ?
Quand je suis entré sur le court j’ai essayé de faire abstraction du match de Gaël. Entrer à 1–0 c’est important bien sûr. Mais je ne me suis pas dit « il faut faire le break ». Je me suis dit : « Tu as ton match à jouer, donne le meilleur de toi‐même ». Je l’ai privé de temps et surtout j’ai été très costaud dans la tête tout au long du match.
Où avez‐vous suivi le match de Gaël ?
Au début j’étais au bord du court. Et tout le reste, je l’ai suivi aux vestiaires. Ce n’était pas évident d’ailleurs, je me suis échauffé plusieurs fois, j’étais un peu stressé, ce match avait tellement de rebondissements ! A un moment, j’avais les mains mouates tellement le match était tendu. Ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux comme préparation.
Demain, vous jouez le double qui peut être décisif…
On aurait signé pour mener 2–0. Demain c’est une nouvelle bataille qui commence. Les Espagnols n’auront pas envie de sortir par la petite porte. Maintenant ils ont la pression, ils n’ont plus le droit à l’erreur. Nous de notre côté, on va bien se préparer pour ce double.
Comment vous sentez‐vous physiquement ?
Ca va. Demain j’aurai de petites courbatures mais rien de bien méchant. Je dirai même que ce sont de bonnes courbatures. Mais je ne me sens pas diminué. L’épaule va bien, les cannes aussi. J’ai aussi l’habitude et la chance de jouer simple et double sur le circuit toute l’année donc physiquement je suis prêt.
Vous attendiez‐vous honnêtement à mener 2–0 ? Ne vous étiez‐vous pas fixé un objectif du type 1–1 le vendredi soir ?
Le discours de Guy n’était pas comme ça. Il nous a simplement dit de jouer chaque match à fond, de n’avoir rien à se reprocher. Il nous a recentrés sur ce qu’on avait à faire. Je ne vous cache pas qu’on est content quand même ce soir ! (Sourire) Mais ce n’est pas fini, il faut le dernier point, ce sera le plus dur.
C’est une belle victoire pour vous…
Oui, c’est sans doute la plus belle victoire de ma carrière. De battre un Top 10 comme ça, en Coupe Davis c’est génial. C’est un peu ce genre de victoires dans un gros évènement que j’attendais. Il faut que je me serve de ça pour plus tard.
Publié le vendredi 9 juillet 2010 à 22:23



