AccueilCoupe DavisMonfils : "J'y crois !"

Monfils : « J’y crois ! »

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Après sa longue et belle victoire sur David Ferrer, Gaël Monfils s’est confié à la presse. Le Tricolore s’est dit fier d’avoir fait taire les critiques et affirme croire ferme­ment en les chances de l’équipe de France pour ce quart de finale.

Ton senti­ment sur ce match ?

J’ai bien joué. Au début je suis un peu tendu. Et puis David a tout de suite commencé à faire son job, il a fait sa moby­lette en jouant très long, à plat. J’ai mis 10 minutes à m’adapter. Et par la suite, j’ai pratiqué un très bon tennis, j’ai tapé fort. Je me sentais de plus en plus fort physi­que­ment. J’ai réussi à bien me régler sur les chan­ge­ments de rythme. 

As‐tu eu des baisses de régime, des hauts et des bas sur ce match ?

Non, je crois que j’ai été constant. Je n’ai pas eu de hauts et de bas. Par moment j’ai même très bien joué, par exemple le début du deuxième set que j’ai un peu survolé. A ce moment je jouais très vite, très bien. J’avais de bonnes sensa­tions, je me sentais fort. Parfois aux moments impor­tants, j’es­sayais de m’en­gager, d’y aller un peu plus. 

Au début du 5e set, qu’est‐ce que tu te dis ?

Bon, encore un ! (Sourire) Je pense à la fin du 3e, 5–4 pour lui, je mène 0–40 et là il fait 3 supers coups pour revenir. Je ne suis pas loin. Dans le 4e, le jeu où je me fais breaker à 5 partout, je rate une volée pénalty de coup droit et je perds un peu à cause de ça. Alors au début du 5e, je me dis que si je peux gommer ces petites erreurs, ça devrait le faire.

Physiquement comment t’es‐tu senti tout au long du match ?

Bien. De toute manière, je ne suis pas connu pour « canner ». C’est vrai que le « body language » n’était pas super parfois. Mais moi je sais que je peux jouer 10 heures s’il faut. Si je peux avoir des petits coups de moins bien, on ne va pas non plus me voir à la rue total. 

Te rappelleras‐tu de ce match toute ta carrière ?

La rencontre n’est pas finie. Si Mika perd et qu’on gagne le double, peut‐être que je retien­drai plus le match de dimanche que celui‐là. En tout cas, ce match fait taire les gens qui me voyaient en bas. Ce match me permet d’ap­prendre encore, de prendre de la confiance. J’ai connu des moments durs ces derniers temps mais je me suis accroché, je me suis entraîné avec toujours de fortes croyances en mon poten­tiel. J’ai eu beau­coup de réus­site aujourd’hui, ça me fait très plaisir d’avoir gagné ce match.

Ce qui a été dit sur toi t’a blessé, vexé ?

Beaucoup de choses ont été dites. C’est vrai que j’ai fait une très mauvaise perfor­mance à Roland Garros. Après je n’ai pas trop mal joué à Wimbledon. Mais c’est à propos de cette rencontre aussi. On dit partout qu’on part outsider, que si on gagne c’est cadeau, que si on perd c’est normal. Mais moi j’y crois ! Ferrer je peux le battre, j’ai déjà montré que je pouvais le faire, je suis 17e, il est peut‐être trois places devant moi, je peux le battre. En plus c’est un gars que je suis suscep­tible de rencon­trer en huitième de finale de Grand Chelem, ça m’in­té­resse de le battre. Voilà, tout ça pour dire qu’on nous déva­lo­rise un peu parfois. 

Qu’as‐tu ressenti lorsque tu as gagné cette balle de match ?

Du bonheur. Beaucoup de bonheur. Pas du soula­ge­ment, c’est un match de tennis. Mais du bonheur. Je me suis dit « merde, j’ai réussi à le faire ». Ça faisait un peu de temps que j’at­ten­dais une belle victoire au couteau. J’étais super content. 

Tu préfères donc gagner en 5 sets ?

Non j’au­rais préféré gagner en 3 ! (Rires)

On voyait que Guy te parlait beau­coup dans les 3e et 4e sets. Comment ça s’est passé avec lui ?

Guy sait beau­coup plus comment me parler aujourd’hui. Il me comprend mieux, il me cerne mieux. Il a bien discuté avec mon entraî­neur aussi. Il sait main­te­nant ce que je préfère entendre. Disons que Guy, souvent il dit de prendre la balle tôt, de monter au filet. Je lui dis « Guy, écoute, ce n’est pas trop mon style ! Dis moi « mets des pétons », ça marchera mieux ! » Et puis Guy, il parlait beau­coup aussi parce que je crois qu’il était un peu stressé. (Sourires) Il sentait que je jouais bien, il voulait que je reste agressif. Ce qu’il me disait m’a fait du bien. Au début du 5e notam­ment, il m’a dit avec beau­coup d’énergie de rester agressif. Et ça m’a bien aidé, c’est grâce aussi à ça que j’ai pu breaker.

Le public t’a beau­coup soutenu aujourd’hui…

Oui. Il y a d’ailleurs eu des périodes où j’étais telle­ment dedans que j’étais dans ma bulle. J’étais « super focus », j’ou­bliais un peu ma nature. Guy m’a alors demandé de les chauffer [le public], de bouger plus sur le court. Mais le public a été super, notam­ment à la fin. Quand je sers pour le match, qu’il me débreake sur un retour gagnant, je prends un coup dans les dents. Et là, ils ont vrai­ment fait du bruit, ils m’ont poussé.

Que penses‐tu de la perfor­mance de Ferrer aujourd’hui ?

David, j’en suis toujours admi­ratif. Il ne lâche pas. Aujourd’hui j’ai réussi à jouer un peu plus vite que lui. Ça ne se joue pas à grand chose, j’ai eu beau­coup de réus­site. Il a montré que c’était un joueur niveau Top 10 et cette victoire me fait d’au­tant plus plaisir. 

Comment va ton genou ?

Impeccable. J’ai fait un peu de récup’ là, c’est impeccable.

Ces deux victoires en Coupe Davis face à Kohlschreiber et aujourd’hui Ferrer sont fina­le­ment les deux meilleurs succès de ta saison…

Oui mais là‐dessus j’ai ma petite théorie. Pour ces deux matches‐là, je me suis entraîné plei­ne­ment et j’ai joué pas mal de matches avant. Pour la rencontre contre l’Allemagne, j’avais joué à Brisbane, l’Australian Open, Rotterdam, Marseille. Et pour ce match, j’ai joué à Madrid, Nice, Roland Garros et deux tour­nois sur gazon. Et Boum, je fais mon match en Coupe Davis. C’est le travail. Cela montre que lorsque je travaille, je deviens beau­coup plus dangereux. 


Un mot sur Gilles Simon qui t’a beau­coup parlé pendant le match.

« Gillou » est le tacti­cien de l’équipe. Il parle, il donne des petits conseils tactiques. Parfois lorsque je suis un peu dans le gaz, que je ne joue pas mal mais qu’en face il ne fait pas une faute, Gilles me dit d’ar­rondir, de partir plus long de ligne en revers, etc… Ça m’aide toujours. D’autant plus qu’avec Gilles, on est très proches.

En direct de Clermont‐Ferrand

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