David Nalbandian a une idée fixe : gagner la Coupe Davis pour son pays. Ce joueur déjà finaliste d’un tournoi du Grand Chelem dont son coach a avoué qu’il ne s’entrainait sérieusement que 6 semaines par an, a les crocs. On imagine même pas le cataclysme si Nalbi passe à côté de l’évènement.
« La Masters Cup, ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas hypothéquer mes chances d’être en grande forme pour la finale de la Coupe Davis » par ces mots prononcés à Bercy, l’Argentin avait clairement expliqué ses priorités. Il faut dire que le challenge est de taille, l’Argentine n’ayant jamais remporté ce trophée majeur de l’histoire du sport. Cette motivation extrême est aussi assez représentative de ce que symbolise le Saladier d’Argent pour un joueur de tennis. Il est d’ailleurs assez intéressant de constater que tous les regards sont sur « Nalbi » et non sur celui qui est mieux classé que lui, l’étoile montante, Juan Del Potro, peut‐être que l’on se dit que tout arrive trop tôt pour ce talent brut. En même temps, il faut aussi préciser que sur un match, Nalbandian est capable de surclasser n’importe qui. On comprend également pourquoi c’est lui qui s’est permis de critiquer avec véhémence le choix de Mar del Plata plutôt que son nid à Cordoba. Leader charismatique de l’equipe, on peut aisément en déduire que l’issue de la finale sera largement liée à son état de fraicheur, son état mental.
Si par le passé, on l’a déjà vu « balancer » des matchs, ce week‐end, transcendé par une foule qui sera devenir hystérique, David devrait répondre présent en utilisant une nouvelle fois la qualité de sa main, sa prise de balle tôt, et son sens tactique. En même temps le risque de vouloir trop bien faire peut aussi ressurgir bien que le format de la compétiton permette rapidement de revenir sur terre.
En face, il n’y a plus de leader charismatique mais la volonté de faire le maximum. On se souvient que la France en 2001 était partie la fleur au fusil en Australie pour affronter sur gazon les Kangourous emmenés par Rafter et Hewitt. La magie de cette épreuve avait permis à Nicolas Escudé de se révéler aux yeux du monde sans oublier le match héroïque de Pioline associé pour une fois avec le grand battling Fab. « Remporter la Coupe Davis. C’était ce qui me faisait avancer, marcher, courir. Toute cette saison, cela a été ma motivation principale. Et je suis content d’être allé au bout. » voila ce que confiait Escudé à l’issue de la rencontre, il y a sept ans, une petite phrase que Nalbandian rêve aussi de prononcer.
Publié le jeudi 20 novembre 2008 à 15:08